GMEM Marseille

sam. 13 mai 2017
20h

Spectacle


concert

La Criée – Théâtre National de Marseille

Heiner Goebbels, Ensemble Orchestral Contemporain

Chants des guerres que j'ai vues

Heiner Goebbels, Ensemble Orchestral Contemporain — GMEM Marseille
© Raphaelle Mueller

« Chants des Guerres que j’ai vues » de Heiner Goebbels tire son titre et ses textes du livre « Wars I Have Seen » de Gertrude Stein.

Goebbels mêle avec bonheur l’univers baroque de Matthew Locke à des accents de jazz, quelques traits de minimalisme atonal et même une incursion dans la musique électronique. Un étrange mélange qui fascine par la richesse de ses couleurs pour une musique des plus élégantes.

En 1942-1943, alors que les Allemands occupent Paris, l’auteure américaine et dramaturge Gertrude Stein décrit son quotidien en exil (à Culoz — France). Cette évocation moins politique que personnelle de ces dures années de guerre lui donne l’occasion d’évoquer le quotidien des femmes, de se plonger dans une rêverie sur la pénurie de miel, de sucre et de beurre. C’est sur cette intime matière littéraire que le compositeur Heiner Goebbels a choisi d’élaborer « Chants des Guerres que j’ai vues ». (Sources : Opéra de Saint-Étienne)

Mettant à profit sa vaste expérience du théâtre à la scène de concert, Goebbels s’aventure ici vers une pratique théâtrale audacieuse : faire des acteurs des instrumentistes eux-mêmes et leur faire dire les textes avec ce naturel si étudié qui rend l’art de Goebbels immédiatement reconnaissable.

Ensemble Orchestral Contemporain :
Fabrice Jünger, flûte / François Salès, hautbois / Hervé Cligniez, clarinette / Laurent Apruzzese, basson / Didier Muhleisen, cor / Gilles Peseyre, trompette / Marc Gadave, trombone / Caroline Delume, théorbe / Emmanuelle Jolly, harpe / Hélène Diot, clavecin / Roland Meillier, synthétiseur / Attilio Terlizzi, percussions / Yi-Ping Yang, percussions / Céline Lagoutière, violon 1 / Françoise Chignec, violon 2 / Anna Startseva, alto / Valérie Dulac, violoncelle / Marie Gastineau, contrebasse

 

Ce spectacle sera précédé d’une rencontre avec Heiner Goebbels autour des processus de création et du théâtre musical, à 18H30 dans la mezzanine de La Criée.

Veillée des enfants
Sam. 13 mai 2017 dès 20h00
Atelier pour les enfants pendant que les parents assistent à la représentation
Avec Loïse Bulot (6-10 ans)

Heiner Goebbels

Né en 1952 à Neustadt dans le Palatinat, Heiner Goebbels vit à Francfort depuis 1972. Assurément l’un des compositeurs vivants les plus joués dans le monde, il est un artiste hors normes, mettant en scène ses propres créations.
Auteur de théâtre musical, de pièces radiophoniques et d’œuvres pour ensembles musicaux et orchestres symphoniques, sollicité par les plus réputés, de l’Ensemble Intercontemporain au Philharmonique de Berlin, il signe des spectacles audacieux et exigeants, dont la profondeur révèle aussi le sociologue derrière le musicien brillant et le metteur en scène à l’esthétique profilée.
Sans aucun équivalent actuellement, Heiner Goebbels travaille le son, les paramètres de la musique, la vue, l’imaginaire, tout cela ensemble, pratiquant assidument l’art du collage tant textuel que musical, et offre ainsi une pluridisciplinarité aussi assumée qu’accomplie.
Il commence sa carrière en écrivant des musiques de scène pour le théâtre, le cinéma et la danse et met en scène ses propres œuvres de théâtre musical (« Ou bien le débarquement désastreux », « Max Black ») depuis le début des années 90.
Goebbels signe son premier opéra en 2002, « Paysage avec parents éloignées », pour le Grand Théâtre de Genève. En 2003, c’est « From a Diary », commandé par l’Orchestre Philharmonique de Berlin, dirigé par Simon Rattle, puis les pièces de théâtre musical « Eraritjaritjaka » et « Stifters Dinge ».
Depuis 1999, il enseigne à l’Institut d’Études Théâtrales de l’Université de Giessen qu’il dirige de 2003 à 2011. Il est également Président depuis 2006 de l’Académie de Théâtre du Land de Hesse à Francfort. De 2012 à 2014, il est directeur artistique de la Ruhrtriennale – Festival International des Arts.

Ensemble Orchestral Contemporain

Depuis 25 ans, l’Ensemble Orchestral Contemporain a pour mission de diffuser le répertoire des XXe et XXIe siècles, avec à son actif plus de cinq cents œuvres de deux cents compositeurs, dont cent soixante-dix premières. Immergé au cœur de la création, l’EOC poursuit un travail soutenu d’interprétation des musiques d’aujourd’hui, à travers des concerts et une discographie originale, ouverte sur un siècle de musique.
L’EOC propose des concerts en moyennes et grandes formations, avec ou sans électronique. Il promeut le concert instrumental pur mais aussi la mixité des sources instrumentales et électroacoustiques et collabore avec d’autres imaginaires (théâtre, opéra, multimédia, danse, cirque, etc.). Il apporte un soutien indéfectible à la création, à travers une équipe de musiciens engagés, sur la base d’une exigence artistique toujours renouvelée.
L’Ensemble Orchestral Contemporain est reconnu comme un acteur essentiel de la musique contemporaine tant à l’échelle locale, régionale, nationale qu’internationale.
Il est régulièrement invité dans de hauts lieux culturels et festivals spécialisés ou généralistes (Automne en Normandie, Présences, ManiFeste, Musica, Festival Manca, Les Détours de Babel, L’Estival de la Bâtie, Biennale Musiques en scène, Musica Nova, Nuova Consonanza, Biennale de Venise, etc.).
Sous la houlette de son chef ligérien, l’EOC situe naturellement l’épicentre de ses activités en Auvergne-Rhône-Alpes et s’implique activement dans le développement culturel de sa région en proposant, impulsant, développant des projets artistiques novateurs autour de la musique contemporaine, en partenariat avec les acteurs sociaux et culturels locaux. L’objectif de ces actions (concerts, ateliers, conférences, workshops…) est de sensibiliser tous les publics à la musique de notre temps, entre musique savante et sources populaires, si souvent imprégnée des enjeux sociétaux, poétiques et culturels.
L’Ensemble Orchestral Contemporain est un Ensemble à Rayonnement National et International (CERNI). Il est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication – Drac Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Loire, la Ville de Saint-Étienne, la Spedidam et la Sacem.

Pierre-André Valade

Depuis près de vingt-cinq ans, Pierre-André Valade mène une active carrière de chef-invité et se produit dans le monde entier. Il est, en 1991, co-fondateur de l’ensemble Court-Circuit dont il reste le directeur musical jusqu’en janvier 2008, puis il prend les fonctions de Chef Principal d’Athelas Sinfonietta Copenhagen jusqu’en juin 2014 et poursuit depuis une collaboration régulière en tant que chef-invité avec cet ensemble. Il est « Conductor in Residence » au Meitar Ensemble de Tel-Aviv de 2014 à 2017, et depuis 2013 « Principal Chef Invité » de l’Ensemble Orchestral Contemporain.
Il fait ses débuts symphoniques en 1996 avec la « Turangalîla Symphonie » d’Olivier Messiaen au Festival of Perth (Australie), à la tête du West Australian Symphony Orchestra. Il reçoit
alors de nombreuses invitations en Europe, parmi lesquelles celle du Bath International Music Festival où il dirige pour la première fois le London Sinfonietta dont il est depuis fréquemment l’invité. C’est à la tête de cet ensemble qu’il participe à l’hommage à Pierre Boulez au South Bank Centre de Londres en 2000 pour le 75e anniversaire du compositeur, qu’il se produit au Festival de Sydney, et qu’il dirige, notamment aux « Proms » de Londres, « Theseus Game » de Harrison Birtwistle. Avec ce même Ensemble Modern, il enregistre « Theseus Game » pour la firme allemande Deutsche Grammophon et participe en septembre 2004 au Festival de Lucerne. Son enregistrement d’œuvres de Hugues Dufourt à la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg en 2008 reçoit un diapason d’Or de l’année ainsi
qu’un « choc » du Monde de la Musique. En 2013, son enregistrement en concert de
« Interludium » de Vitold Lutosławski avec le Polish National Radio Symphony Orchestra est choisi pour figurer sur le CD rassemblant les nombreux hommages à ce compositeur pour le centenaire de sa naissance.
Si Pierre-André Valade dirige régulièrement les plus importants ensembles européens dévoués au répertoire du XXe siècle, on le retrouve également à la tête de grandes formations symphoniques dans des œuvres majeures du répertoire (Mahler, Debussy, Ravel, Wagner, Stravinsky, Bartók…). Ainsi, il s’est produit à la tête du Philharmonia Orchestra, tout d’abord pour le 50e anniversaire du Royal Festival Hall à Londres en 2001, puis en 2003 (Quatrième symphonie de Gustav Mahler), et en 2004 pour le festival « Omaggio, a celebration of Luciano Berio » au Royal Festival Hall. Il a également dirigé les solistes de la Philharmonie de Berlin à l’Osterfestspiele Salzburg (Festival de Pâques de Salzbourg), et à plusieurs reprises l’Orchestre de la Tonhalle de Zürich, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, le B.B.C. Symphony Orchestra, le Göteborgs Symfoniker, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Orchestre Symphonique de Montréal, ou encore le Sinfonieorchester Basel, l’Orchestre Symphonique de la Radio Nationale de Pologne Katovice, le Tokyo Philharmonic, et d’autres orchestres de premier plan. Son concert donné en août 2008 à la tête du Tokyo Philharmonic a été salué comme l’un des trois concerts de l’année 2008 au Japon. Il reçoit la même année le Grand Prix de l’Académie Charles Cros dans la catégorie « chef d’orchestre » où il est seul nommé, pour plusieurs de ses enregistrements discographiques.
En 2013, il est l’invité de l’Opéra d’Oslo pour une production de « Khairos », opéra du compositeur norvégien Knut Vaage, et en Irlande du Nord de Opera North pour une production très remarquée de « The Importance of being Earnest » de Gerald Barry, sur un livret extrait de la pièce éponyme d’Oscar Wilde. En 2014, il fait ses débuts avec l’Orchestre Philharmonique de Séoul et l’Orchestre de la Scala de Milan.
Ses interprétations sont ainsi orientées à la fois vers l’univers de la musique contemporaine pour ensemble et vers celui de la musique symphonique où il dirige un répertoire étendu.

Gertrude Stein

Native de Pennsylvanie, Viennoise d’esprit et Française de cœur, Miss Stein (1874-1946) était antipathique, excentrique, méchante, intelligente, pleine d’humour, libre et franchement laide. Quand Picasso fit son portrait en 1906, il s’amusa même à aggraver cette laideur (elle y ressemble à une statue de l’île de Pâques) en assurant la coterie des steiniens que, de toute façon, son modèle « finirait par ressembler » à ce qui avait jailli de son pinceau. Gertrude, elle, s’en fichait un peu : elle savait que Picasso était un génie et qu’elle avait été l’une des premières à le proclamer. Tel était son génie à elle : anticiper le talent des autres ; se jucher sur les épaules de quelques géants pour être grande, très grande. Et se trouver toujours là où elle flairait un futur gisement de notoriété.
Avec Hemingway et Fitzgerald, au Sélect, quand il s’est agi de baptiser la Génération perdue ; avec Picasso et Braque quand naît le cubisme ; à Montparnasse quand « tout le monde avait 26 ans » ; et en son antre du 27 rue de Fleurus, dès qu’une gloire en gestation (de Juan Gris à Ezra Pound) passait dans le quartier.
Pour le reste, on lui doit une œuvre qui, à l’exception d’Autobiographie d’Alice Toklas (Alice était sa secrétaire, sa femme de chambre, son grand amour, son « épouse »…), a atrocement vieilli. On la crédite cependant d’une libération de la prose américaine, d’un goût (qui fit école) pour la syntaxe fragmentée, la répétition (« A rose is a rose is a rose is a rose…  » est son vers le plus célèbre). Cela dit, Miss Stein avait incontestablement de bonnes intuitions : sa collection de chefs-d’œuvre en témoigne. Et elle possédait un don jamais démenti pour être « in the mood ». Pendant la guerre, cette juive lesbienne, protégée par Bernard Faÿ – patron de la Bibliothèque Nationale sous Vichy et grand épurateur snob – échappa par miracle au « double crime » dont elle était l’incarnation aux yeux des nazis.
Dans « Paris est une fête », Hemingway raconte drôlement comment, un samedi (son jour de réception), elle fit mauvais accueil à Zelda, qui la surclassait en extravagance, et nous lui pardonnerons à grand-peine cette impolitesse. Sachons encore que cette matrone composa deux opéras ; qu’elle fut avec constance une fanatique éclairée de l’avant-garde ; qu’elle pilotait sa Ford décapotable prénommée « Tantine » avec une imprudence de gamine, tandis que son caniche Basket (habillé par Pierre Balmain) lui léchait les oreilles. C’est grâce à cette femme, en tout cas, que nous sont parvenus tous les potins de l’époque. Tzara, Picabia, Man Ray, Crevel, Max Jacob, Cocteau, T. S. Eliot, Joyce, bougent et vivent dans les pages où elle esquisse leurs silhouettes d’avant-gloire.
Sources : Le Point

interview d'Heiner Goebbels, à propos de "Chants des guerres que j'ai vues"

LIEU

La Criée – Théâtre National de Marseille
30, Quai de Rive Neuve
13007 Marseille


ACCÈS

Métro Ligne 1 : Arrêt vieux-port
Bus Lignes 82, 82S, 83, 583 :
Théâtre La Criée
Voiture : Parking Vieux-Port La Criée Indigo

TARIFS


Tarif plein 13€
Tarif réduit 8€

Nombre de places limité


Tarif réduit :
12-25 ans, étudiants,
demandeurs d'emploi

DURÉE


1h10'

AVEC


Heiner Goebbels

conception, musique, mise en scène, scénographie et lumière

Gertrude Stein

textes

Pierre-André Valade

direction

EOC

ensemble

ŒUVRE DE

Heiner Goebbels

« Chants de guerres que j'ai vues »

À TÉLÉCHARGER

> Programme de salle

En co-réalisation avec La Criée - Théâtre National de Marseille

Coproduction : GRAME / Biennale Musiques en Scène,
Ensemble Orchestral Contemporain
Création : Biennale
Musiques en Scène 2014

En présence de
la librairie l'Histoire de l'Œil