GMEM Marseille

Concert


électroacoustique, galoubet-tambourin, flûtes

Electro-Aimant

Miquèu Montanaro et Christian Sebille

Création
2017
Création — GMEM Marseille
Electro-Aimant — GMEM Marseille

Electro-Aimant est un projet néé de la rencontre entre un musicien engagé dans le renouvellement des musiques traditionnelles, et un compositeur développant sa pratique de la création musicale, notamment à travers un travail côtoyant des artistes œuvrant dans les musiques issues de la tradition orale (Burkina Faso, Cameroun, Argentine, Viet Nam, Indonésie, Martinique).

C’est en cela que ce projet réactualise les échanges musicaux entre oralité et improvisation, réinventant un monde imaginaire improbable, à la croisée des lutheries traditionnelles et numériques.

Ce duo est une expérience qui peut tout à fait accueillir d’autres musiciens lors d’ateliers ou accompagner des spectacles et des performances. Cette capacité d’adaptation est propre à l’engagement même de ces deux musiciens qui venus de trajectoires radicalement opposées on su s’écouter, s’observer et se rencontrer.
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La musique de Miquèu Montanaro est tout à fait singulière, hybride, du point de vue stylistique. Transversale, inclassable, on pourrait la qualifier de musique « perméable », étant à la rencontre de plusieurs univers : les musiques improvisées, les musiques traditionnelles, le jazz, la musique contemporaine, la musique classique et les musiques actuelles. C’est après avoir entendu Montanaro intégrer des improvisations à la composition d’Alexandros Markéas (« Légendes ») que Christian Sebille a souhaité tenter une confrontation.

Montanaro a pu entendre le travail de Christian Sebille autour de la poésie de Daniel Biga accompagnée par Patrick Vaillant et Alex Grillo ; cette façon d’enrichir, déformer, travailler et retravailler le son l’a conforté dans l’idée de distordre un peu plus l’image du Galoubet Tambourin. Ici, Montanaro se prête au jeu du miroir déformant, empli de toutes les expériences précédentes de la musique Imaginogène, du free Jazz, de la musique contemporaine à l’improvisation totale.

Christian Sebille et Miquèu Montanaro vont repousser les limites d’instruments ancrés en Provence et dont l’histoire est sans cesse en renouveau par un jeu incessant entre la matière première, sa transformation, sa déconstruction et sa reconstruction. Le Galoubet Tambourin, considéré comme traditionnel et populaire, est en fait un instrument très technique entre une flûte aux mélodies très précises et un tambourin qui exécute deux fonctions : celle de rythmique et celle de bourdon. Les ordinateurs de Christian Sebille vont fouiller cette profusion de sons pour proposer un dialogue inédit et inouï entre ces techniques différentes.
Les deux compositeurs vont se rencontrer avec chacun leur lutherie et leur culture pour apporter un son inédit aux compositions, décompositions et re-compositions de la tradition, et pour inventer une nouvelle forme de dialogue.

AVEC


Miquèu Montanaro

galoubet-tambourin, flûtes

Christian Sebille

électroacoustique

EN SAVOIR +

> Compagnie Montanaro

PRODUCTION DÉLÉGUÉE
GMEM-CNCM-MARSEILLE

Miquèu Montanaro

Miqueu Montanaro est né à Hyères en 1955. Il étudie le saxophone avant de faire un long passage par la musique traditionnelle provençale, tendance galoubet-tambourin.
Passionné depuis ses débuts par les croisements de cultures, tant géographiques qu’historiques, son œuvre est marquée par les collaborations, les rencontres, tout en évoluant dans différents genres musicaux, tantôt dans les musiques improvisées (Barre Phillips, Alan Vitous, Serge Pesce, Fabrice Gaudé), les musiques du monde (Carlo Rizzo, Keyvan Chemirani, Fouad Didi, Baltazar Nagy-Montanaro), la chanson (Arthur H, Georges Moustaki, Sylvie Berger), les nouvelles musiques traditionnelles (Laurence Bourdin, Pierre-Laurent Bertolino, Estelle Amsellem) la musique ancienne (Kobzos Kiss Tamàs, Kecskés, Gérard Le Vot) ou encore la musique de chambre (Quatuor Talich, OCTV). Il a acquis une maîtrise du rapprochement, de la construction de passerelles musicales délicates, qui sans jamais renier ses racines provençales, le porte vers un langage universel. Plusieurs centaines de concerts l’ont emmené aux quatre coins du monde, de l’Amérique latine à l’Europe centrale, de l’Afrique à Coursegoules en passant par les États-Unis et l’Indonésie. Si le multi-instrumentiste qu’il est facilite les rencontres, c’est aux flûtes qu’il a acquis virtuosité, liberté et inventivité. Une partie de ses compositions est destinée au théâtre, pièces, ballets, spectacles divers, ainsi que pour des dessins animés et des courts métrages.
Montanaro est titulaire du D.E. en musiques traditionnelles et enseigne la musique d’ensemble en stage, atelier ou master class. En 1998, il est lauréat « Villa Médicis Hors Les Murs », l’A.F.A.A. lui attribuant cette bourse pour la mise en œuvre du tour de la Méditerranée, concerts escales dans les ports méditerranéens de sa composition « Ballade pour une mer qui chante ». Malgré son ajournement, ce projet est ainsi en 2001 à l’origine de la mise en place du Chantier, « Centre de Création pour les Nouvelles Musiques Traditionnelles », implanté au Fort Gibron dans ce même village de Correns (83). Puis, en 2006, souhaitant se recentrer sur son activité première de création musicale, Montanaro quitte la direction artistique du Chantier qui ajoute « Musiques du Monde » à son titre. Des amis fidèles créent alors une structure entièrement consacrée à la Compagnie Montanaro, le Mouvement International des Musiques Ouvertes, qui porte désormais toutes ses activités.

Christian Sebille

Nommé depuis 2012 à la direction du GMEM, Centre National de Création Musicale de Marseille, Christian Sebille exerce la double activité de directeur de structure et de compositeur.
Il se consacre dès 1983 à la musique électroacoustique qu’il étudie avec Jean Schwartz et Philippe Prévost (Ircam), puis en 1987 aux musiques mixtes au sein de la Muse en Circuit avec Luc Ferrari.
Dès 1993, il fonde à Reims Césaré, qui deviendra en 2006 Centre National de Création Musicale et dont les choix artistiques sont tournés vers l’ouverture et la rencontre des disciplines artistiques et des styles. Ainsi, il favorise une recherche sur la diversité et sur les formes nouvelles de (re)présentation de la création musicale.
Le catalogue de Christian Sebille compte plus de soixante œuvres vocales, instrumentales, électroacoustiques et mixtes dont un opéra de chambre (“L’alleluiah” – George Bataille – commande d’Etat), de nombreuses pièces dédiées au théâtre ou à la chorégraphie (Jean Deloche, Nadège Mac Leay, Emmanuelle Huynh…) et une commande de l’opéra de Limoge pour orchestre, chœur, trois percussions, guitare électrique et trois voix.
De 1999 à aujourd’hui, il réalise un large cycle d’installations musicales (Série intitulée “Miniatures”) dont la onzième commandée par la ville de Dijon est particulièrement ambitieuse, tout comme la treizième conçue pour le château d’If à Marseille.
Parmi les collaborations qu’il développe, celle avec le plasticien Espagnol Francisco Ruiz De Infante donnera lieu à dix années d’échanges aboutissant à une recherche sur le rapport de l’espace plastique et sonore.
Christian Sebille développe une lutherie informatique qui lui permet de s’investir dans le champ de l’improvisation aussi bien en France qu’à l’étranger (Alex Grillo, Didier Petit, Sylvain Kassap, Pablo Cueco, Philippe Foch, Matt Bourne, Chris Sharkey, Christophe de Bezanac, Jean-Marc Montera, Miquéu Montanaro…).