GMEM Marseille

28 jan. — 1 fév. 2019

RÉSIDENCE

ErikM & Stephane Cousot

Zome [zomu]

ErikM & Stephane Cousot — GMEM Marseille
© François Martig
ErikM & Stephane Cousot — GMEM Marseille
© François Martig

Contexte
Zome à la caractéristique de se nourrir mutuellement de sources sonores et visuelles issues du réel et en temps réel, au travers de flux disponibles sur Internet. Certaines sources sonores sont libres d’accès via une plateforme en ligne que Stéphane Cousot a développé dans le cadre de recherches à Locus Sonus, laboratoire en arts audio. L’image temps[1] quant à elle, provient de plateformes lambdas.Le stimulus originel de cette nouvelle rencontre est issu d’une réflexion d’Erikm sur ses modes de production sonore ainsi que son rapport critique entre le médium image et son dans un contexte de représentation publique. Erikm développe depuis de nombreuses années dans un contexte de composition acousmatique, dynamique ou performatif, un agencement des sons aléatoires ou organisés, qui sont principalement des matériaux sonores préalablement mémorisés sur divers supports: Bande magnétique, vinyle, CD-r …Dans le contexte de Zome, les sons mémorisés sont minoritaires et les sources sonores ou visuelles sont indubitablement aléatoires. Ce qui raisonne fondamentalement avec ses compositions indéterminées via des objets sonores sélectionnés aléatoirement dans un contexte d’une mise en tension accidentelle.

Processus et repères
Le processus de création se déploie autour d’un dispositif « table » commun ou les deux protagonistes sont face à face, écrans dos à dos. Ils partagent au delà de leur dispositif respectif, un atelier électromagnétique et lumineux à base de LED et d’optique vidéo. Les sources sonores sont générées par les variations de tension électriques des Leds. Ces alternances lumineuses et sonores, sont intégrées aux flux de données visuelles et sonores issues du web. L’action est d’ici et d’ailleurs, chaque source est susceptible d’être traitée, analysée et transformée, puis couplée et ré-encodée (ou réinjectée) formant in fine un macro paysage abstrait composé d’autant de feedback sur sa propre temporalité. L’espace visuel se joue, s’écrit et se définit par l’absence d’image, sa présence, par sa teneur, sa nature, sa vibration et sa luminosité, par son rythme et la cadence des contenus projetés.

Image
La notion de composition indéterminée, reflète le caractère d’impermanence de l’image finale. Elle est (re)dessinée continuellement par le flux des données entrantes, par le choix des plans, par le choix du traitement (transparence, couche, abstraction) et globalement par sa mise en espace via sa projection et son rapport à l’environnement sonore.L’objet visuel ne dépend que d’une recherche plastique approfondie, intuitive, élaborée in situ en temps réel dans sa masse, sa composante et sa temporalité numérique. En passant par le filtre d’algorithmes génératifs, modulé par chacune de ses variables, l’image est travaillée par couche, par transparence, dans sa colorimétrie, ses lignes, ses formes, sur l’ensemble de ses données pixels. Son esthétique peut évoluer d’une figuration simple à une semi-abstraction ou une abstraction totale, mais ne peut jamais être préétablie.

Son & images
Les processus sont arbitrairement laissés actifs pour induire les contingences, la dissonance ou l’incohérence comme principe générateur de sens.Les matières sont travaillées dans leur points de rencontre (ou de convergence), mécaniquement en tant que flux de données anonymes[2], physiquement dans le même espace de diffusion et autour d’un dispositif commun, artistiquement dans le non-esthétisme des sources, leur caractère d’impermanence et l’aléatoire qu’elles génèrent. Le lointain et le proche s’interfère par leur présent, les distances dans une même temporalité et un même lieu, quelque soit la nature de chaque matière.

Rapport à la musique
La mécanique des systèmes, l’approche sensible[3],  le dispositif « table » comme lieu commun, la matière flux, le rythme et « l’arythmie », le présent et le distant, le in situ, l’écoute, la dissonance, l’incohérence, l’origine de Rhizome. Un contre point, un hors-champ critique des représentations spectaculaires basé sur le concept  de synesthésie, voir sensori-moteur.

Rencontre
Stéphane Cousot et Erikm travaillent périodiquement ensemble depuis 2007. Leur rencontre s’est faite dans le cadre d’une demande d’Erikm pour son travail vidéo. Stéphane Cousot a mis à disposition des banques de données visuelles Trace, Asci & Tracking qu’il a développé avec le logiciel libre Processing. De cet outil, une série de vidéo a été créée entre 2007 et 2009 telle que Corner, Austral…Plus récemment en 2016, à l’occasion de la création de l’œuvre mixte Drum-Machines, d’Erikm pour les Percussions de Strasbourg. Ils ont collaboré sur un dispositif de camera en réseau qui explore en temps réel les détails du dispositif et du jeu instrumental lors de l’exécution de la pièce. A l’issu de cette création ils s’associent une nouvelle fois pour un projet évolutif et polymorphe, Zome.

Rapport avec le terme Zome
Liens entre les éléments de même type, construction de l’objet par agencement d’une même facette – ici l’image sonore ou visuelle d’un lieu distant, l’homogénéité.

[1]    Cinéma 2: L’image-temps est un ouvrage du philosophe Gilles Deleuze
[2]    matière brute sans début, ni fin, sans narration à priori, imprévisible et inconnue
[3]    c.a.d. la méthode d’élaboration des matières, leur manipulation et leur organisation dans le travail

ErikM
Virtuose des arts sonores, développe une approche ouvertement prospective du médium technologique. Il conçoit, seul ou en collaboration (avec Luc Ferrari, Christian Marclay, Mathilde Monnier, Les percussions de Strasbourg,  FM Einheit…), des œuvres transversales qui constituent une vision kaléidoscopique singulière et mettent en tension l’intime et le politique, le populaire et le savant.

Projets référents
Drum-Machines – http://www.percussionsdestrasbourg.com/repertoire/drum-machines/
Locus Sonus stream project – http://locusonus.org/locustream/
Erikm Video- https://lightcone.org/fr/cineaste-1357-erikm
Nocinema – http://nocinema.org/
π-view – http://stefanpiat.net/πview

Stéphane Cousot
Plasticien, enseignant, chercheur, développeur, web-designer, né en 1973 à Nancy, France.
Successivement diplômé de l’Université de Paris VIII, de la Villa Arson, de l’école d’art d’Aix-en-Provence, son passage par ces écoles ouvre une série d’études et de réflexions personnelles sur les pratiques et les outils numériques en partant du code, des langages et des environnements informatiques, comme support hybride de création et de translation du réel vers une forme poétique (image, vidéo, son, flux).
De cette pratique des nouveaux médias, couplée à la connaissance des technologies réseaux, des bases de données et des langages hypermédias, il est amené à enseigner les arts plastiques à l’Université Paul Valéry (Montpellier), en master professionnelle « Création Numérique » à l’Université Aix-Marseille, et inviter à animer de nombreux workshops ou suivi de projets à L’École National des Arts Décoratifs (Paris) et l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence. En parallèle, depuis 2005, dans l’idée de facilité l’enseignement de la programmation et d’enrichir les expériences technologiques dans les cursus artistiques, il mène un travail de développement d’outils open-source d’analyse et traitement de l’image en temps réel, de transport de données géo-localisées sur le réseau, d’interfaces sur supports mobiles et électroniques.
Par extension, il entame une série de collaborations pluridisciplinaires, entre créations et performances live pour le théâtre (Alain Béhar), la danse (Young-ho Nam, cie l’Imparfait), la musique électronique (eriKm) ou improvisée (Barre Phillips, Catherine Jauniaux) et intègre en 2011 le monde de la recherche au sein du laboratoire de Recherches en Arts audio Locus Sonus.

Zome

AVEC


ErikM

compositeur et artiste sonore

Stephane Cousot

plasticien, enseignant, chercheur, développeur, web-designer

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