GMEM Marseille

13 — 18 jan. 9 — 15 Mar.
27 — 30 Avr.
2020

RÉSIDENCE

Francisco Alvarado

Je ne suis qu'une voix

Francisco Alvarado — GMEM Marseille
© DR

Sébastien Boin, directeur de l’ensemble C Barré, a invité Francisco Alvarado à composer une pièce dédiée à la robotique, faisant partie d’un programme qui sera présenté au Festival Les Musiques 2020 puis au festival Manifeste 2020 à Paris, organisé par l’IRCAM. La pièce aura pour objets principaux la voix et l’intelligence artificielle.

« […] L’idée principale sera de mettre en scène une voix synthétisé, qui se questionne sur son identité et qui essaie de devenir autonome, intelligente. Si au début de la pièce cette voix ne fera que lire un texte écrit au préalable, à la fin elle dira un texte original généré par la machine se servant de l’IA. La pièce sera divisée en trois parties : a) un discours initial centré sur la question de l’identité qui se déconstruit au niveau sémantique puis au niveau phonétique b) un passage intermédiaire basé sur les particules de son qui est devenu la voix, sans sémantique, il ne reste que le timbre et c) un nouveau discours généré par la machine à partir des contraintes et en relation au discours initial et la thématique de la pièce. Il n’est pas exclu que cette dernière partie explore d’autres types de manières d’expression que la parole, imaginant que la machine serait capable d’inventer une nouvelle langue, différente à celles qu’on connait.

L’ensemble musical comme corps
L’ensemble de 12 musiciens interagira avec cette voix de diverses manières, mais surtout comme une métaphore du corps physique que cette voix ne possède pas. Assez librement, l’ensemble agira en complément des propos tenus par la voix. Dans la première partie, les sons instrumentaux souligneront la déconstruction du discours, intervenant au départ de manière abrupte et s’installant peut à peu pendant qu’on perd la cohérence sémantique de la parole. Dans la deuxième partie, l’ensemble se mêlera avec les sons de la voix, explorant des timbres et des rythmes, à partir des restes de la voix transformée en petites cellules phonétiques. Finalement, dans la troisième partie, l’ensemble accompagnera la génération du nouveau discours de la voix, dans un contrepoint qui se développe parallèlement, créant une couche de sens que se superpose à celui de la parole. »
— Francisco Alvarado

BIOGRAPHIE

Le travail de Francisco Alvarado est marqué par l’exploration du timbre à travers de la manipulation et de l’instrumentation de sons complexes que, variés et transformés, se projettent dans le temps essayant de constituer un discours musical poétique et vivant.
L’intégration de l’espace scénique et le corps des interprètes entant que paramètres perceptifs, l’utilisation de l’électronique comme une extension des sonorités des instruments ou l’exploration de passerelles entre la partition écrite et l’improvisation, sont les lignes directrices de sa démarche musicale.
Il a étudié la composition à l’Universidad Católica de Chile, puis au Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris, dans la classe de Stefano Gervasoni. La rencontre avec Gervasoni, ainsi qu’avec d’autres compositeurs comme Alberto Posadas, Philippe Manoury, Hèctor Parra ou Brian Ferneyhough, ont été très importantes pour façonner un langage personnel et un projet musical original. Entre 2013 et 2015 il suit les formations Cursus 1 & 2 de l’Ircam, à Paris.
Il collabore régulièrement avec des artistes de sa génération, concevant des projets qui rejoignent des questions communes. Il a travaillé avec Florentin Ginot, Angèle Chemin, Marie-Claudine Papadopoulos, Carlos Franklin, Standardmodell, Achtung, les ensembles C Barré, Linéa, Maja et la compagnie de théâtre La Phenomena, entre autres.
Il a été lauréat de l’Académie du Festival Musica et a reçu le prix CMDC à l’académie INJUVE, à Madrid. Ces pièces ont été commandées par la Fondation Royaumont, le quatuor Diotima, le Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris, le Festival Messiaen, l’ensemble United Instruments of Lucilin, le Ministère de la Culture et de la Communication de France, l’Ensemble C Barré, le gmem-CNCM-marseille, l’Ircam et le Festival Musica. Il a été artiste en résidence de la Fondation Camargo à Cassis en 2017 et de l’ensemble Lucilin, l’ExperimentalStudio de la SWR et le gmem-CNCM-marseille en 2019.

AVEC


Francisco Alvarado

compositeur

Charles Bascou

réalisateur en informatique musicale