GMEM Marseille

5 — 7 juil. 2017

RÉSIDENCE

Jean-Marc Montera, Edmond Hosdikian, Ahmad Compaoré

Trio guitare, saxophone, batterie

Jean-Marc Montera, Edmond Hosdikian, Ahmad Compaoré — GMEM Marseille
© Francois Guery

Guitariste français issu du rock, spécialiste de l’improvisation libre et de l’expérimentation sonore, Jean-Marc Montera utilise tout le registre des cordes amplifiées et acoustiques – résonances, percussions, distorsions, extensions et détournements en tout genre. Parmi les musiciens les plus actifs dans le champ des musiques improvisées, il multiplie depuis les années 1970 les rencontres et les contacts avec d’autres univers artistiques jusqu’à rendre de plus en plus floue la « barrière » entre les genres. Il réalise en outre de nombreuses de collaboration avec le théâtre : Hubert Colas, Jean-Claude Berutti, Peter Palitzsch…, la danse : Odile Duboc, collectif Skalen, et les arts plastiques : Piotr Klemensiewicz, Sandy Amério, Lionel Scoccimaro, Richard Baquié…, l’image, Laure Verluise, Salvo Cuccia, José Cesarini…
Il se produit en solo et dans différentes formations, AMP (Trio de guitares, Akchoté / Montera / Pauvros), The Room (Duo avec Sophie Gonthier), Meditrio (avec les musiciens médiévistes Julien Ferrando – clavicythérium / Jean-Michel Robert – théorbe et électronique), The Invisible Ensemble (avec Famoudou Don Moyé de l’Art Ensemble of Chicago, Paul Elwood, Emmanuel Cremer, Simon Sieger, Thomas Weirich), LOAS (avec Nico Morcillo)…
Il a fondé l’Ensemble d’Improvisateurs Européens autour d’Hans Koch, Thomas Lehn, Hélène Breschand, Dan Vandewalle, Lelio Giannetto, Chris Cutler et Taavi Kerikmaé. Cet ensemble est spécialisé dans l’interprétation des partitions graphiques de compositeurs du XXème siècle (Cardew, John Cage, Earl Brown…) et la commande auprès de compositeurs actuels (Pierre-Yves Macé et Annette Schlünz).Il a également collaboré avec Fred Frith, André Jaume, Barre Phillips, Pascal Contet, Gérard Siracusa, Floros Floridis, Paul Lovens, Thruston Moore, Lee Ranaldo, Louis Sclavis, Michel Doneda, Carlos Zingaro, Ahmad Compaore, Pauline Oliveros, Christian Wolff … Il est invité pour deux concerts exceptionnels : avec Sonic Youth à La Villette (Paris) en 2007, et Patti Smith, à la Fondation Cartier (Paris) en 2009.
Avec une trentaine d’albums au sein de différentes formations, son premier album solo, Hang Around Shouts, sort en 1995 sur le label FMP (Free Music Production). En 2011, il sort Les Anges du Péché aux côtés de Lee Ranaldo et Thruston Moore, les guitaristes de Sonic Youth, puis en 2012 le coffret 13 Impros avec Fanny Paccoud autour de treize artistes marseillais. En octobre 2013 est sorti What’s Up ? autour des femmes poètes de la Beat Generation, sur le label Signatures (Radio France). Jean-Marc Montera est le cofondateur du GRIM (Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicales) en 1978. Il s’associe en 1999 avec l’auteur metteur en scène Hubert Colas, pour fonder Montévidéo, centre de créations contemporaines à Marseille. La vocation de ce centre est de créer des passerelles, d’établir une interactivité entre la musique et le théâtre sous leurs formes les plus actuelles et de multiplier les confrontations entre artistes et disciplines. En 2016, le GRIM fusionne avec le GMEM, et Jean-Marc Montera devient artiste associé du Centre National de Création Musicale.

Edmond Hosdikian, saxophoniste marseillais, né en 1970. De 1981 à 89, il étudie au conservatoire de Marseille, où il obtient le premier prix de saxophone et de solfège. Très vivant dans sa musique, il se mêle aux remous de sa ville. Il crée des événements musicaux, va à la rencontre d’autres musiciens de toutes cultures. Son amour du jazz l’amène naturellement à s’exprimer en toute liberté, dans cet espace de création où la parole est devenue son. Le free jazz est porté par son saxophone à la recherche effrénée d’une «harmonie intérieure». Edmond Hosdikian cherche là où il se trouve, dans sa vie, dans sa ville, dans ses origines…
«L’Arménie ? Je la ressens comme une partie de mon corps. Quand tout va bien, on n’y pense pas. C’est lorsque ton bras te fait mal que tu prends conscience de son importance dans ta vie.» Il n’y aura pas de compromis entre deux musiques. Il y aura les passions, le mal de l’exilé arménien de Marseille, la foi du maître de kamantcha, la douleur de l’Arménie contemporaine… Duo – duel, l’amour de la vie tout simplement. Edmond Hosdikian accompagne au coup par coup de coeur de nombreux artistes comme Michel Petrucianni, Barre Phillips, Mike Stern, Jacques Higelin, Jamaaladeen Tacuma…

Batteur, compositeur et improvisateur rare, Ahmad Compaoré est un musicien en liberté. Des pieds, des poings, des mains, il frappe, fouette et caresse le cuivre des cymbales, les peaux de sa batterie. Égyptien par sa mère, Burkinabé par son père, il s’est construit un parcours à l’image de sa propre histoire, bâtie sur la rencontre entre les cultures, avec des musiciens qui l’ont aidé à se forger un destin hors du commun.
Découvert à 17 ans par le guitariste comorien Ali Afandi, il est révélé en 1991 par l’opéra-rock « Helter Skelter » de Fred Frith. Après 2 ans de formation au Centre Musical & Créatif de Nancy (M.A.I.) duquel il sort major de promotion avec félicitations du jury en 1995, il participe aux résidences du percussionniste Makoto Yabuki et du balafoniste Mahama Konaté à Marseille. Dans un souci permanent d’exploration et de découverte, il intègre un groupe de groove sénégalais (1996) puis celui du chanteur et compositeur réunionnais Ti Fock (1998). Il signe un premier album en 2000 avec sa formation Oriental Fusion (Hakim Hamadouche et Edmond Hosdikian) et collabore avec des musiciens tels que Fred Frith, Marc Ribot, Jamaaladeen Tacuma, Camel Zekri, Jean-Marc Montera, Barre Phillips et Otomo Yoshihide. Mais cette richesse de rencontres ne se limite pas à la seule création musicale : en 2002, il croise la route de la chorégraphe et danseuse égyptienne Karima Mansour qui le choisit comme partenaire attitré pour son duo « Temporament » et il participe en 2003 à la création théâtrale « La Mer Intérieure, Voix-Algérie » de Frédérique Wolf-Michaux. Deux fois lauréat Culturesfrance « Hors les Murs », il séjourne en Inde en 2005 pour s’initier à l’art des tablas auprès du maître Sree Debasish Dass, puis il part en résidence à Tokyo en 2008 pour un projet de création (musique assistée par ordinateur) avec divers artistes japonais. L’année 2011 voit la formation du trio Nafas dont le répertoire original propose un savant mélange de jazz fusion et world music, sans oublier les incontournables soirées Musique Rebelle qui réservent toujours leur lot d’invités surprises.
Hors de tout cloisonnement, Ahmad Compaoré mène en parallèle les expériences les plus extrêmes dans la musique expérimentale et improvisée, le jazz et la fusion. Il enseigne aussi la batterie et les percussions contemporaines à l’association La Boîte à Musique, son lieu de résidence à la Friche la Belle de Mai à Marseille. Tout en multipliant concerts et ateliers, il poursuit son voyage sur la route des rythmes, ceux d’un musicien sans frontières…

AVEC


Jean-Marc Montera

guitare

Edmond Hosdikian

saxophone

Ahmad Compaoré

batterie