GMEM Marseille

2 — 4 oct. 23 — 24 Nov.
2017

RÉSIDENCE

Mélanie Egger

Paroles d’exil

Mélanie Egger — GMEM Marseille
© Léa Torreadrado / Sylvie Villepontoux

L’accueil en résidence de Mélanie Egger, puis de Caroline Boë (novembre 2017), deux jeunes diplômées d’un Master 2 « Recherche et Création en Musique et Musicologie », s’inscrit dans un partenariat entre l’Université Aix-Marseille et le gmem. Le travail présenté ici a été conçu dans un contexte universitaire, les étudiants ayant eu pour consigne d’élaborer un projet en interaction entre travail théorique et travail artistique. Cette création s’appuie donc sur un ensemble de recherches à la fois dans le domaine musicologique et dans celui des sciences humaines.

Paroles d’exil est une installation qui, par le biais de voix d’archives, interroge la contingence et l’épaisseur de l’histoire. Cette création met en exergue la difficile réception que nous avons de périodes historiques troubles – ici, la guerre d’Algérie -, les tentations de récupération de notre mémoire historique et questionne le poids de l’héritage. Entre souvenir, remémoration et oubli, Paroles d’exil dessine l’opacité du passé, le renouvellement constant du présent et l’imprévisibilité du futur.
Paroles d’exil s’appuie sur un poème construit à partir de voix d’archives extraites d’interviews radiophoniques ou télévisuelles datant de la guerre d’Algérie.

« Pourquoi ai-je choisi de travailler autour d’archives datant de la guerre d’Algérie ? En premier lieu, parce qu’il s’agit d’une période historique opaque, difficilement traitée par nos manuels d’histoire et qui aujourd’hui encore est source de conflits et de polémiques. Ensuite, parce que cette période fait partie de mon histoire et me permettait d’effectuer un travail introspectif pour questionner le poids de mon héritage.
L’installation propose un va-et-vient entre le passé, le présent et le futur. Entre aspect performatif et documents historiques, Paroles d’Exil se présente comme un exemple de modélisation s’inscrivant dans le champ des pratiques artistiques contemporaines et questionne le rapport de l’Homme moderne au temps. Depuis les années 90, nous connaissons des changements sociaux sans précédent. L’accélération de notre rythme de vie entraîne une sorte d’invasion massive du présent, en renouvellement constant. Nombreuses sont les modalités artistiques comme le happening, les oeuvre in situ, les performances, etc. qui rendent compte de cette réalité. À l’inverse, comme le relève Paul Ricoeur, les manifestations sociales, philosophiques et artistiques qui témoignent d’une nécessité de comprendre et d’appréhender le passé sont pléthore. En confrontant des paroles de l’Histoire à une réactualisation possible, Paroles d’Exil se situe à mi-chemin de ces deux rapports au temps. »
Mélanie Egger

 

Néé à Marseille, Mélanie Egger est étudiante en master 2 « Recherche et Création en Musique et Musicologie » et compositrice. Titulaire d’une licence de lettres, parcours pluridisciplinaire, elle décide ensuite de se tourner vers la musicologie. Anciennement étudiante au CNRS de Marseille en classe de jazz, elle est aujourd’hui pianiste dans la classe de Thierry Riboulet au Conservatoire de Musiques actuelles d’Aix-en-Provence.
Par ailleurs, elle est professeure de piano au sein d’Hyperion, école de musique de la mairie de Marseille.
Compositrice et arrangeuse dans de nombreux groupes, notamment au sein du groupe Orme, elle compte plus d’une cinquantaine de concerts à son actif et son groupe a été lauréat de nombreux concours.

Né à Marseille, Hugo Scurto est chercheur et créateur musical. Diplômé de l’École Normale Supérieure de Cachan, il mène actuellement une thèse de doctorat à l’Ircam, titrée « Design d’interaction musicale par co-exploration », sous la direction de Frédéric Bevilacqua. Ses recherches, à la croisée de l’intelligence artificielle, des interactions humain-machine et des sciences cognitives, ont abouti à plusieurs développements technologiques et publications scientifiques au sein de revues interdisciplinaires et conférences internationales.
Ancien élève de la Cité de la Musique de Marseille, il prend activement part à plusieurs projets de création et de pédagogie musicales, dernièrement en tant que membre de l’association Lutherie Urbaine dirigée par Thierry Madiot. Sa démarche artistique s’attache à décloisonner les esthétiques et les disciplines en entremêlant électroacoustique, improvisation, arts visuels, rapport au corps et musiques actuelles par le biais des nouvelles technologies numériques.

AVEC


Mélanie Egger

compositrice

Hugo Scurto

réalisateur artistique


EN PARTENARIAT AVEC L'A.M.U.
(AIX MARSEILLE UNIVERSITÉ)
soirée de présentation du projet de fin d'études des master 2 Recherche et Création en Musique et Musicologie > vendredi 24 novembre