GMEM Marseille

14 — 18 jan. 2019

RÉSIDENCE

Patricia Dallio & Pierre Guéry – cie sound track

Duo instantané

Patricia Dallio & Pierre Guéry – cie sound track — GMEM Marseille
© Richard Pelletier

SORTIE DE RESIDENCE
JEU. 17 JANVIER à 18h30 – LE MODULE (13 – Marseille)
Friche la Belle de Mai
uniquement sur réservation, jauge réduite
par mail : billetterie@gmem.org
par tél : 04 96 20 60 16 (de 14h à 17h)

La cie sound track est une association d’artistes, compositeurs, musiciens, vidéastes, metteur en scène et plasticiens, qui s’engagent dans la création d’œuvres collectives. Créée en 1990 autour d’un petit noyau de personnes, Sound Track fonctionne en système de réseau d’artistes qui s’associent sur des projets au gré des rencontres et des expérimentations partagées en dehors de toute structure fixe. L’association soutient la création contemporaine favorisant des projets croisés entre musique et arts visuels et le développement d’espaces dédiés à la réflexion, à la recherche, à l’expérimentation et à la diffusion.
Ses choix artistiques s’établissent au fil des collaborations, en privilégiant la pluridisciplinarité et la recherche sur les outils numériques dédiés. La création musicale, au centre de la démarche du collectif, s’élabore en complémentarité avec l’approche créative des artistes invités et/ou qui s’agrègent au réseau Sound Track. Pour cela, il est primordial, pour chaque projet, de prendre le temps nécessaire à la recherche et à l’expérimentation, en privilégiant l’échange artistique lors de résidences de travail.

Parmi les propositions de la compagnie > les instantanés
La création sonore fait entendre les mots d’une autre manière et l’improvisation est un terrain d’expérimentation fondamental. De ce constat sont nés les instantanés. Il s’agit de visiter des univers inattendus, de se donner à l’écoute extrême des mots d’un auteur et de s’en envelopper pour enrichir les propositions de l’instant suivant ; de se laisser surprendre par des hasards mystérieux, fruits du lâcher-prise et de l’écoute mutuelle. Il s’agit de donner son impression de l’instant au texte, qui s’éclaire alors de matières sonores lui offrant un écrin qui le fait mieux percevoir ; de progresser à la fois sur l’instrument et dans la pratique musicale par l’improvisation, dans la rencontre avec un auteur, ses écrits et sa performativité. Il en résulte une nouvelle partition.

le duo Dallio/Guéry
Lorsque j’ai rencontré Patricia dans un duo improvisé, très vite j’ai senti que son approche pouvait intégrer tout ce qui agite ma poétique, dans l’écriture comme sur la scène. J’ai compris que son écoute exceptionnelle et sa réactivité sonique avaient la capacité de m’épouser tout en me décalant, tant sur le plan du son que sur celui du sens. Je ressens ce qu’elle cherche dans mes mots et ce qu’elle y trouve me réinvente, il y a alors comme une fusion d’imaginaires et j’aime ça, beaucoup, parce que c’est très intense ! Par ailleurs, le fait qu’elle utilise des instruments capteurs souligne la dimension gestuelle et mouvementée de la production du son, ce qui donne une densité à l’espace. En cela aussi nous fusionnons, dans une sorte de théâtralité indéfinie mais qui dépasse le genre de la lecture-concert traditionnelle. C’est là que je désire creuser. (Pierre Guéry)

La rencontre avec Pierre s’est faite directement sur le plateau, sans préalable ou à peine. J’aime mettre en son les mots des auteurs et j’ai senti avec lui, dans sa manière de performer ses textes, l’espace d’une grande liberté me permettant d’aller puiser dans la matière sans contrainte. J’ai découvert un auteur qui prend plaisir à jouer avec les mots autant qu’avec les sons, nous permettant d’engager une vraie conversation à la fois débridée et attentive, ouverte à la surprise, au risque, dans une écoute partagée. J’ai senti que l’on pouvait s’amuser et jouer à alterner la gravité et la dérision, le silence et le tumulte sans que l’un de nous ne s’en étonne. J’ai senti les possibles réactions improvisées en contrepoint ou en soutien, où l’on invente dans l’instant. Cette capacité commune d’agir dans un dialogue ouvert me donne envie d’aller explorer plus loin avec Pierre comment la connivence de nos deux expressions poétiques pourrait s’épanouir. (Patricia Dallio)

PATRICIA DALLIO
Tout au long de son parcours, qui commence par l’apprentissage du piano, elle s’affranchit des frontières stylistiques pour vivre des expériences musicales éclectiques allant du jazz au rock, à la musique expérimentale et contemporaine. Sa rencontre avec le groupe Art Zoyd, qu’elle intègre en 1979, durera trente années. Depuis 2009, elle se consacre totalement à la compagnie sound track qu’elle a cofondée en 1990 avec Cyril Dumontet. Les rencontres avec de nombreux collaborateurs, réalisateurs, chorégraphes, musiciens, plasticiens, metteurs en scène, danseurs et auteurs, sont bien souvent décisives et nourrissent son travail de création depuis toujours. Ce sont ces collisions passionnantes qui donnent pour elle tout le sens de la transdisciplinarité dans les oeuvres qu’elle crée pour la scène. Dans ses créations et de la façon dont elles sont mises en scène, le texte, la voix, le mouvement et le son ne sont pas dans des rapports de coexistence autonome mais bien dans une complémentarité réactive et interdépendante. Tous les éléments s’imbriquent et s’influencent, se bousculent et se portent, luttent les uns contre les autres et se soutiennent.

« Si l’écoute et l’intuition sont au coeur de mon travail, la rencontre en est le moteur. Je me nourris de l’échange, de la différence, et j’aime cette confrontation à un autre qui vous donne à la fois son interprétation de ce que vous êtes, mais aussi un éclairage sur ce que vous pourriez être. Lors d’une création, dans la première phase d’imprégnation de la thématique, des personnages, des écrits, des lieux et des images pour lesquels je compose, je me laisse aller à une identification intuitive – forme avouée ou cachée, essence, structure profonde. Je construis alors un univers sonore sur mesure, dans une approche résolument émotionnelle, à l’écoute méticuleuse de toutes les perceptions découvertes. Ainsi la musique devient une perspective et un angle de vue nourris par mon imaginaire… » (Patricia Dallio)


PIERRE GUÉRY

Tout en étudiant la musique (chant et instruments à vents), la danse contemporaine et l’art dramatique, il se diplôme en Lettres et Phonétique appliquée à la didactique des langues. Artistiquement il s’oriente d’abord, en tant qu’interprète, vers le théâtre musical, parallèlement à son travail d’enseignant durant une quinzaine d’années. Puis il publie, traduit, enregistre et performe une « poésie corpOrale » jalonnée de nombreuses collaborations (musique, danse, vidéo, arts plastiques) et se produit partout là où on peut – espaces publics et privés –, entre poésie sonore et poésie action.
Il est l’auteur d’une dizaine de livres et de nombreuses publications orales et performances transdisciplinaires, dont Psyché Extérieur Nuit avec la compagnie Les allumeuses de réverbères (Barcelone, Marseille, Avignon, Nantes, 2014-2015). Dernières créations en solo : Lost in translations (Festival Voix Vives, Sète, 2016), une performance poétique plurilingue et interactive ; My Talking Heads, une série de vidéo-poèmes publiée sur la chaîne Youtube Voicekabinett (2017-2018).

« Dans mon travail poétique pour la scène je cherche souvent à recréer les phrasés sociaux de la parole et les pathologies de la langue. J’utilise aussi des chants rituels, des cris et une gestuelle énergique pour fonder ce que j’appelle une « oraliture » – quelque chose qui emprunte à la parole sans pour autant se confondre avec elle. Je tente en fait de faire converger les divers courants et expériences que j’ai pu traverser, afin de refonder sans cesse une parole singulière dont le partage puisse être désaliénant.
J’essaie d’habiter entièrement ma voix tout en faisant une place à ce que je capte, consciemment ou pas, autour de moi. Et c’est toujours un son, un grain, une prosodie, une rythmique qui me conduisent et me donnent une matrice d’écriture. C’est pourquoi ma langue subit souvent des accidents : bruits parasites, bégaiements, coupures et trous sonores, dérapages syllabiques, boucles répétitives, combinatoires hasardeuses, échos et souffles, déglingue de la syntaxe, polyglottismes, etc. C’est aussi pourquoi je multiplie les collaborations avec des musiciens-improvisateurs ; elles m’aident à chercher, et parfois à trouver, cet équilibre poétique entre le sens et le son. » (Pierre Guéry)

AVEC


Patricia Dallio

musique et instruments capteurs

Pierre Guéry

textes et voix