GMEM Marseille

7 — 12 fév. 2022

RÉSIDENCE ARTISTIQUE

Ballaké Sissoko & Lorenzo Bianchi

Radicants

Ballaké Sissoko & Lorenzo Bianchi — GMEM Marseille
© Rafaël Carosi
Ballaké Sissoko & Lorenzo Bianchi — GMEM Marseille
© Rafaël Carosi

“J’appelle Chaos-monde le choc actuel de tant de cultures qui s’embrasent, se repoussent ,disparaissent, subsistent pourtant, s’endorment ou se transforment lentement ou à une vitesse foudroyante… Et j’appelle ‘Poétique de la Relation’ ce possible de l’imaginaire qui nous porte à concevoir la globalité insaisissable d’un tel Chaos-monde, en même temps qu’il nous permet d’en relever quelque détail, et en particulier de chanter notre lieu, insondable et irréversible.” Edouard Glissant

Ce projet propose la rencontre de la Kora, instrument ancestral, jouée par le musicien virtuose Ballaké Sissoko et de l’électronique de Lorenzo Bianchi Hoesch, consonante mais complexe et élargissant radicalement les possibilités de l’instrument.

La recherche de nouvelles voies traitant d’immersion, d’abandon et de l’invention de nouvelles racines qui devront être dynamiques, en évolution et capables de soutenir l’autre. Respecter l’idée d’enracinement et justement savoir le projeter dans un monde kaléidoscopique et facetté.

Ceci est le fil rouge, l’idée abstraite qui soutient ce projet et qu’on veut défendre.

La curiosité et l’ouverture de Ballaké Sissoko permettent la construction d’un vrai territoire d’échange dans lequel l’électronique se veut accueillante des sonorités de la Kora. Il n’y a donc pas d’opposition entre deux mondes – acoustique et électronique, traditionnel et contemporain, africain et occidental – mais plutôt acceptation, collaboration et prise de risque. Lorenzo Bianchi Hoesch développe depuis longtemps un langage original d’improvisation avec l’ordinateur, en créant ses propres outils informatiques, et en utilisant de nombreuses interfaces.

Il s’agit donc de bâtir un réel dialogue entre les deux musiciens dans lequel, si la Kora est la source de tout, l’électronique est le développement, la résonance, et la forme.
L’interplay est donc un mot clé pour ce projet, et la méthode de recherche même, le noyau du processus de création.

Un dernier aspect fondamental est l’immersion sonore. Musiciens et public partagent le même espace acoustique et sont immergés dans un univers sonore spatialisé, métaphore de l’enracinement dans un nouveau Chaos-monde.

Lorenzo Bianchi Hoesch

Compositeur et un artiste sonore, ses intérêts musicaux vont de l’électronique pure aux compositions pour le théâtre et la danse, des bandes sonores d’images aux installations interactives. La composition électro-acoustique est au cœur des projets qu’il conçoit et réalise. Dans ses performances en solo, dans ses improvisations, dans ses collaborations avec d’autres artistes et musiciens, son intérêt est toujours centré sur l’idée d’établir de nouvelles connexions entre les trois éléments centraux de sa vision de l’art : son – geste – espace. En ce sens, une grande partie de son travail est consacrée au son 3D, à la composition multicanal et holophonique. Il s’est produit dans le monde entier et a reçu des commandes et des résidences de diverses institutions : Centre Pompidou, Ircam, Groupe de recherche musicale (GRM), Biennale de Venise, Opéra de Göteborg, Ballet national de Marseille, RhurTriennale, Fondation Royaumont, Ballet de la Fondation Ater. Il collabore fidèlement avec la compagnie MK, pour laquelle il compose la musique depuis 2006, et Richard Siegal. Il est diplômé en architecture (Italie) et en composition (France). Il enseigne la composition électroacoustique au conservatoire de Montbéliard.

Ballaké Sissoko

Ballaké Sissoko est né au Mali en 1967. Fils et petit-fils de joueur de Kora, il s’initie à cet instrument d’origine mandigue et s’inscrit ainsi dans l’héritage familial. A 13 ans, il intègre l’Ensemble Instrumental National du Mali et perfectionne son jeu auprès des grands maîtres de la Kora. A 23 ans, il quitte l’ensemble pour accompagner les plus grandes chanteuses-griottes maliennes comme Kandia Kouyaté, Amy Koïta ou Tata Bambo Kouyaté dont il devient l’instrumentiste le plus sollicité. En 1997, il enregistre son premier album Kora music from Mali. En 2000, il crée son groupe Mandé Tabolo avec son épouse la chanteuse Mama Draba. Suivent des albums et des rencontres au cours desquelles il poursuit ses d’expérimentations musicales en travaillant avec des artistes d’horizons différents.

Gilles Gentner

Régisseur plateau, son et lumière, il travaille dans différents centres culturels alsaciens, puis aux côtés de Pierre Barrat à l’Atelier Lyrique du Rhin à Colmar, Les Fédérés de Jean-Louis Hourdin à Montlucon, Le Théâtre du Radeau de Francois Tanguy au Mans, la compagnie Contre Jour de Odile Duboc, le théâtre de la Truelle de Yves Reynaud à Strasbourg, Francois Rancillac et Olivier Py au théâtre du peuple de Bussang. En 1991, il devient l’assistant de Patrice Trottier pour la compagnie de Olivier Py. Par la suite il entame une longue collaboration avec Laurent Gutmann et signe alors quasiment la lumière de tous ses spectacles. Depuis il travaille comme concepteur lumière pour différents projets de théâtre avec Catherine Marnas, Arnaud Churin, Jean-Baptiste Sastres… Pour la danse avec Claudia Triozzi, Olga De Soto, Sylvain Prunenec, Richard Siegal, Jérome Bel, Julie Nioche, Cuqui Jerez, Prue Lang, Juan Dominguez… Pour la musique et l’opéra avec Gérard Pesson et Annette Messger, Guiseppe Friggeni, Pierre-Emmanuel Rousseau et Lilo Baur…

AVEC


Lorenzo Bianchi Hoesch

électronique, direction artistique

Ballaké Sissoko

kora

Gilles Gentner

création lumière

Jean-François Domingues

régie son et lumière

Production déléguée

Fondation Royaumont
Coproduction

CIMN – Détours de Babel, GMEM, Fondation Camargo, PLATÔ
Soutien

Sacem
Mécénat

Groupe ADP, Fondation Daniel et Nina Carasso