Anatomia est un récital de piano et une exposition. Claudine Simon interprète « Funérailles » de Franz Liszt, une pièce romantique virtuose composée en mémoire de trois amis tombés lors de la révolution hongroise de 1848.
Puis dans une lente dérive, l’œuvre subit des altérations. Les capteurs microphoniques placés à l’intérieur de l’instrument révèlent des aspérités et viennent amplifier, focaliser, grossir les détails du son.
Une brèche s’ouvre vers le monde du « sonore » dans une exploration concrète de l’instrument. L’œuvre originelle se défait, la perception s’aiguise, l’écoute change de nature pour aller au plus proche de la source sonore. L’instrument-monde s’entrouvre comme pour laisser mieux voir la musique à travers lui.
La scène devient surréaliste. L’instrument se désintègre lui aussi, son corps est ouvert.
Le piano est disséqué, déconstruit, démembré. Toujours résonnants, ses organes suspendus dans l’espace semblent dotés de vie.
À la manière d’une science-fiction, nous avons rétréci pour pénétrer dans les dédales de l’instrument, tandis que notre écoute s’est élargie et fondue dans les détails du tableau sonore. Il est possible alors d’entrer, de déambuler dans cet espace installatif, scénographique et vibratoire.
Production
AURIS (productions sonores et scéniques)
Projet lauréat de
« Mondes Nouveaux » DGCA - plan de relance ; Bourse d’écriture de la Fondation SACD - Beaumarchais (2022) pour la création d’un spectacle sonore ou musical ; Aide au projet Drac Auvergne Rhône-Alpes
Soutiens
Maison de la Musique Contemporaine ; Piano Baruth (Lyon) ; Centre National de la Musique ; Spedidam ; Art de la reprise Onda-Sacem
Coproduction
Espace Malraux Scène Nationale Chambéry ; ici l’onde - CNCM Dijon ; Théâtre de Vanves - Scène Conventionnée
Soutiens et accueil en résidence
Espace Malraux Scène Nationale Chambéry ; ici l’onde - CNCM Dijon ; Scène Nationale d’Orléans ; Opéra Underground Lyon ; GMEM
Co-programmation avec
LE ZEF - scène nationale de Marseille
Claudine Simon
Pianiste, artiste
Claudine Simon est pianiste, artiste, elle développe un travail de création sonore qui expérimente la facture et les capacités de son instrument. Musicienne polyvalente, elle manifeste un goût pour les écritures de frontières entre musique, danse et art visuel. Formée au CNSMD de Paris auprès de Jean-François Heisser, Marie-Josèphe Jude et Pierre-Laurent Aimard, elle fait de nombreuses rencontres qui nourriront son parcours et sa pratique artistique. Comme soliste ou en tant que chambriste, elle se produit à : l’Opéra de Lyon, La Roque d’Anthéron, l’Opéra Comique, la Cité de la Musique, l’Hôtel National des Invalides, aux festivals de Tautavel, d’Aix-en-Provence... ainsi qu’à l’étranger (tournées en Inde, Chine, Europe…).
Elle s’engage à défendre autant les œuvres du répertoire que celles des compositeur·rice·s d’aujourd’hui. Dans le même temps, son travail de création se centre sur la conception de formes scéniques qui lui permettent d’interroger son rapport à l’instrument.
En 2021, elle crée « Pianomachine », solo chorégraphié dans lequel se rejoue la relation musicien-instrument avec un piano hybridé par des machines. Un dispositif électromécanique intervient au cœur du piano, de sa structure et lui permet de travailler dans ses entrailles.
En 2023, elle crée « Anatomia » au festival Musica à Strasbourg qui est une pièce sonore et plasticienne dans laquelle se décompose un piano ainsi qu’une scène de récital romantique.
Elle est lauréate de l’appel « Mondes Nouveaux » du Ministère de la Culture, et reçoit l’aide à l’écriture de la Fondation Beaumarchais-SACD, des commandes du GMEM de Marseille, de Césaré — CNCM de reims. Ses créations sont diffusées aux Bouffes du Nord, dans les Scènes Nationales (Orléans, Chambéry, Vandœuvre) dans les Opéras (Lyon, Reims, Dijon), au festival Musica à Strasbourg, dans les CNCM.
Rudy Decelière
Artiste plasticien
Né en 1979 à Tassin-la-Demi-Lune (France), Rudy Decelière vit et travaille à Genève.
Il étudie à l’école des Beaux-Arts de Genève avec Carmen Perrin (1999-2003), et explore l’art sonore principalement par le médium de l’installation, proposant autant d’espaces extérieurs qu’intérieurs, en perpétuel regard avec leurs situations, leurs composantes architecturales et leurs paysages sonores natifs (Abbatiale de Bellelay 2012, Musée Jenisch 2013, Bex & Arts 2014, Lausanne Jardins 2014, CERN 2016, Ural Biennial 2017).
De sa qualité parallèle de preneur de son pour le cinéma ou créateur sonore pour pièces interdisciplinaires (Alexandre Doublet, Maya Bösch, Nicolas Leresche & Anne Delahaye, Jean-Louis Johannides) découlent de multiples réflexions autour du sonore, son espace et les rapports ou limites que ces derniers entretiennent avec la musique, donnant ponctuellement lieu à des performances ou pièces multi-pistes diffusées en circonstance.
Enrichi de ses expériences cinématographiques (Donatella Bernardi, Marco Poloni, Samantha Granger), Rudy Decelière travaille principalement à base de sons concrets rendus variablement abstraits, mettant ainsi en jeu la limite perceptive de l’auditeur·rice.
Thomas Garçin
Facteur de pianos
C’est à la suite d’un cursus de piano et de l’obtention de ses diplômes au CRR de Chambéry que Thomas Garcin s’oriente vers la découverte technique de l’instrument en suivant un apprentissage auprès de l’Institut Européen des Métiers de la Musique, ainsi que dans une entreprise agréée service concert Steinway & Sons. Diplômé du Brevet des Métiers d’Art, il crée l’entreprise Accord & Co afin de suivre une idéologie, une recherche de précision et de qualité ; une rencontre entre artistes, musique et technique.
C’est dans son atelier qu’il redonne vie à des pianos historiques datant de 1843 ainsi que des pianos modernes de grandes marques Steinway and sons, Bösendorfer, Fazioli : travaux structurels, vernis, réglages, travail du son… Technicien de concert, il collabore avec plusieurs studios d’enregistrement, maisons de disques et artistes tels que Katia et Marielle Labèque, Alexandre Tharaud, Ibrahim Maalouf…
En quête de recherche, il s’oriente aujourd’hui vers des projets uniques faisant évoluer la facture instrumentale ; une autre recherche sonore et musicale.
Pau Simon
Artiste chorégraphique
Pau Simon est artiste chorégraphique et protéiforme. Iel se forme au CNR de Lyon avant d’intégrer le Conservatoire supérieur de Paris (CNSMD) dans le cursus de danse contemporaine. Iel élargit au fur et à mesure sa pratique par les arts martiaux, la danse-contact et la musique.
Diplômé·e en 2007 du DE au CND de Pantin, Iel suit des workshops auprès d’Odile Duboc, Loïc Touze et Mathieu Bouvier, Fanny De Chaillé, La Ribot, Vincent Dupont, Jennifer Lacey, Elisabeth Lebovici, Noé Soulier, Jeremy Wade, ou Julyen Hamilton. Iel développe depuis 2012 un travail pluridisciplinaire à travers l’association Suprabénigne, dont « Exploit » (premier prix et prix du public du concours Danse Elargie au Théâtre de la Ville), « Sérendipité, Perlaborer, Pendulum, et Postérieurs, Lo-fi dance, Per que Torcut Dansan Lo Monde » en collaboration avec Ernest Bergez (Sourdure).
Ses différents travaux ont été créés à la Ménagerie de Verre, au Théâtre des Abbesses, au Théâtre de la Cité Internationale, à Avignon dans le cadre des sujets à vifs, ou au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition Museum ON / OFF.
Iel est invité·e comme ‘‘collectionneur·euse’’ de documents sonores pour l’Encyclopédie de la Parole, ou dans des groupes de recherche au FAR festival de Nyon et aux rencontres internationales du Festival Transamériques (Montréal).
Lucien Laborderie
Création lumière
Fortement influencé par la danse contemporaine, Lucien Laborderie recherche une lumière simple, abstraite, proche du corps et des interprètes. Après un DMA Régie Lumière, il est diplômé du master Conception Lumière à l’ENSATT.
Basé à Paris, il réalise des conceptions pour diverses jeunes compagnies, en parallèle d’une activité de régisseur lumière, notamment pour le chorégraphe Dimitris Papaioannou ainsi que le Théâtre du Peuple à Bussang.
« (...) Claudine Simon a l’air d’une adolescente avant un grand oral. Rien à voir avec l’effet qu’elle produit sur scène lors de prestations à même d’invalider tous les repères, du spectacle vivant (théâtre, danse, performance) ou de la création musicale (sources acoustiques, traitements électroniques, explorations bruitistes). (...)
Claudine Simon tisse un lien avec le répertoire (...) dans ‘‘Anatomia’’, dont Franz Liszt constitue l’alpha (‘‘Funérailles’’, pièce jouée au début) et l’oméga (‘‘Nuages gris’’, en fin de parcours).
Entre-temps, ‘‘la musique se décompose, l’outil se dissèque et se suspend dans l’espace’’. Plus proche de la ‘‘musique concrète instrumentale’’ de Helmut Lachenmann que du ‘‘piano préparé’’ de John Cage, Claudine Simon transforme dit-elle, ‘‘un récital lisztien en théâtre anatomique autour du plateau.’’
L’instrument évidé - seul le clavier subsiste - ne sonne plus que par des microcontacts qu’une batterie de haut-parleurs diffuse.
Ainsi, la musicienne finit-elle par se reconstruire à partir d’un piano mis en pièces. »
— Le Monde, Pierre Gervasoni
Le ZEF - Scène nationale de Marseille (Plateau du Merlan)
Avenue Raimu13014
Marseille
TARIFS
Plein : 15€
Réduit : 10€
- 18 ans : 5€
Minima sociaux : 3€
DURÉE
1h00 environ
À partir de 10 ans
Claudine Simon
conception, écriture, performance
Rudy Decelière
scénographie
Gilles Mallein
son
Pau Simon
Marie-Lise Naud
regard extérieur
Alain Savouret
oreille extérieure
Lucien Laborderie
création lumière
Lila Burdet
régie lumière
Thomas Garçin
facteur de piano
Théo Vacheron
régie plateau et générale