Ce livre d’orgue comprend six pièces, toutes dédiées à la « Présence » de Jean Boyer avec lequel Henry Fourès a beaucoup collaboré.
L’imaginaire de Jean Boyer était empreint de l’œuvre peinte de Ruysdael où le vent, les cieux troublés de l'hiver, les halos indécis de lumière qui baignent les paysages imaginaires incitent à une rêverie sur l’espace, mais habité aussi des écrits de Goethe, de Rilke, de Thomas Mann.
Chacune des six pièces est avant tout création d’espaces sonores, édification d’une architecture invisible.
Le départ pour la lune de Georges Boeuf est l’une des premières pièces mixtes écrites pour orgue et électroacoustique. Retrouvée dans les archives que possède le GMEM dont Georges Boeuf fut l’un des fondateurs, la bande magnétique mixée en juin 1972 par le compositeur a pu être restaurée puis numérisée, comme un témoignage précieux de l’esthétique des musiques mixtes des années 70.
Jouée en 1973 à Cologne, Francfort, Marseille, Avignon, puis à Paris au festival d’Automne en 1975, elle fut aussi donnée sur l’orgue de Saint-Maximin en 1974 et comme un retour aux origines, sur celui de Saint-Victor en 1977.
Chacune des pièces aura, en regard, une pièce du répertoire au choix des interprètes.
Liber organi
Commande
Ville de Saint-Maximin la Sainte-Baume ; Fondation Francis et Mica Salabert
En partenariat avec la 1ère édition du Festival d’Orgue de Saint-Victor, organisé par l'association Culturelle du Grand Orgue de Saint-Victor (Marseille)
Henry Fourès
Compositeur
Né à Coursan (Aude / France). Henry Fourès suit des études d’histoire de l’art à l’université Paul Valéry de Montpellier, des études musicales au CNSM de Paris (harmonie, contrepoint, fugue, analyse et composition) puis à l’université de Berlin (musicologie médiévale) et à l’académie de Vienne (piano). De 1975 à 1977, il est stagiaire au Groupe de recherche Musicale (GRM INA). De 1977 à 1980, il est professeur responsable des musiques improvisées au Conservatoire de Pantin et enseigne ensuite la musicologie médiévale de 1980 à 1982 à l’université de Toulouse le Mirail. En 1982, il est nommé Inspecteur principal de la musique à la Direction de la Musique et de la Danse du Ministère Français de la Culture puis en 1984, Inspecteur général chargé de l’enseignement et de la formation. En 1988, il initie au sein de ce Ministère, le nouveau département de la Création et des Musiques d’aujourd’hui dont il assure la direction technique jusqu’en 1990.
Directeur Artistique du studio de création La Muse en Circuit, fondé avec Luc Ferrari, il travaille ensuite régulièrement en Allemagne (Potsdam, Berlin, Cologne, Francfort…) où il est invité auprès de divers ensembles symphoniques et de radios. L’éclectisme de sa production de compositeur et d’interprète l’a amené à collaborer avec des créateurs d’esthétiques et d’horizons très divers (musiciens, acteurs, chorégraphes, plasticiens, réalisateurs). Ses activités touchent de nombreux domaines. Il a réalisé des films pour la télévision, composé des musiques pour l’image la danse et la scène. Il est aussi l’auteur de nombreuses créations radiophoniques (France Culture) et le réalisateur de Hörspiel pour la HR et WDR. Il a écrit des œuvres symphoniques, de musique de chambre, des pièces électroniques, mixtes, des œuvres vocales mais aussi conçu et réalisé des installations interactives et d’importantes manifestations événementielles. De 2000 à 2009, Henry Fourès est Directeur du Conservatoire National Supérieur de musique et de danse de Lyon. Aujourd’hui, à ses activités de compositeur et d’interprète s’ajoute la direction de séminaires à l’invitation d’universités européennes. Ehrenmitglied de la Hochschule für musik und Theater de Hamburg, Henry Fourès est officier des Arts et Lettres, Chevalier du mérite et titulaire de la croix du Mérite Allemand (Verdienst kreuz). — www.henryfoures.com
Georges Boeuf
Compositeur
Compositeur français né en 1937 à Marseille, décédé le 25 août 2020 dans la même ville. C’est au Conservatoire de Marseille que Georges Boeuf s'initie à la pratique instrumentale ainsi qu'à l'harmonie et au contrepoint. Récompensé dès 1966 par la Sacem, il est le co-fondateur du Groupe de musique expérimentale de Marseille (GMEM) qui voit le jour en 1969. Après avoir enseigné plusieurs années au Conservatoire de la cité phocéenne, Georges Boeuf y crée une classe de composition en 1988. Il fonde également l'ensemble Télémaque dont le répertoire est entièrement dédié à la musique contemporaine.
Georges Boeuf s'est illustré dans des genres musicaux très différents, de la musique électroacoustique à la musique instrumentale en passant par des œuvres mixtes, vocales, dédiées à la scène ou au cinéma. Son catalogue comprend une centaine de pièces.
Il a également composé un opéra intitulé Verlaine Paul, sur un livret du poète Franck Venaille, créé à l'Opéra de Nancy le 29 octobre 1996, avec le baryton François Le Roux dans le rôle-titre, repris en mai 2003 dans le cadre du festival Propagations organisé par le GMEM à La Criée — Théâtre naional de Marseille, dans une nouvelle mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia.
Parmi ses dernières œuvres, on compte : un quatuor à cordes créé par le Quatuor Parisii, Orbes pour 12 cordes ; créé par l’Orchestre royal de Wallonie, Septimo (1998) pour vibraphone et cloches, enregistré par Frédéric Daumas (Fragrance, 1999) ; Le Prophète, sur un texte de Mallarmé, pour baryton et piano (1998), créé par François Le Roux et Alexandre Tharaud à la Grande Bibliothèque à Paris ; Solitaire Vigie pour grand orchestre et chœur (poème de Mallarmé) créé à Nancy en janvier 2000 ; Variasix pour ensemble instrumental créé par l’ensemble Télémaque (Aix-en-Provence, 2001) ; Koré ou L’Oubli pour quatuor de claviers-percussion en 2002, créé par l’ensemble Symblêma ; Sonate pour violon créée par Nicolas Miribel ; Six Monodies de l’absence pour saxophone ténor, créées par Joël Versavaud ; Dans le bruit du monde pour chœur, créé par le Chœur contemporain Roland Hayrabedian, Messe des cendres.
Georg Muffat
Compositeur
Georg Muffat, né le 1er juin 1653 à Megève et mort le 23 février 1704 à Passau, est un compositeur allemand, savoyard d'origine, et d'ascendance écossaise par son père. Originaire de Megève, dans le duché de Savoie, il est le fils d'André Muffat et de Marguerite Orsy. Il étudie à Paris avec Lully, entre 1663 et 1669. Il est nommé organiste à Molsheim et Sélestat, puis fait des études de droit à Ingolstadt. Il s'installe plus tard à Vienne en Autriche (où il côtoie probablement Kerll), mais ne peut y obtenir d'engagement officiel. On le trouve à Prague en 1677, puis à Salzbourg, au service de l'archevêque pendant plus d'une dizaine d'années – il y a pour collègue Heinrich Biber. Dans les années 1680, il voyage en Italie, y étudie l'orgue avec Bernardo Pasquini (qui lui transmet la tradition de Frescobaldi) et y travaille avec Arcangelo Corelli.
À partir de 1690 et jusqu'à sa mort, il est maître de chapelle de l'évêque de Passau (aujourd'hui en Bavière), Johannes Philipp von Lamberg.
Il a eu neuf enfants, dont quatre musiciens ; le plus célèbre d'entre eux est Gottlieb Muffat, qui deviendra organiste de l'Empereur.
Jehan Alain
Compositeur
Jehan Alain, né à Saint-Germain-en-Laye le 3 février 1911 et mort pour la France le 20 juin 1940 près de Saumur, est un compositeur et organiste français. Né dans une famille de musiciens, il était l'aîné de quatre enfants.
Le père, Albert Alain, organiste, compositeur et facteur d'orgue amateur, avait construit un orgue domestique et c'est sur cet instrument aujourd'hui installé à Romainmôtier, en Suisse, que Jehan débuta dès l'âge de 11 ans. Deux ans plus tard, il pouvait suppléer son père, nouvellement nommé titulaire du grand orgue de l'église Saint-Germain, dans sa ville natale.
Admis ensuite au Conservatoire national supérieur de Paris, il fut l'élève, entre autres, de Paul Dukas, Jean Roger-Ducasse, André Bloch, Georges Caussade et de l'organiste Marcel Dupré, dans la classe duquel il a pour condisciple l'organiste genevois Pierre Segond auquel il dédie les Variations sur un thème de Clément Janequin.
Ses études au Conservatoire se soldèrent par les premiers prix d'harmonie, de contrepoint et fugue, d'orgue et improvisation.
Sa Suite pour orgue fut couronnée d'un premier prix de composition au concours des Amis de l'Orgue en 1936. La même année, il fut nommé organiste-titulaire à l'église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte. À Paris, il fut organiste de la synagogue de Nazareth. Après sa mort, Marie-Louise Girod lui succédera, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Marié en 1935, père de trois enfants, il est mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale. Cité pour actes de bravoure, il incorpore le premier Groupe Franc de Cavalerie du capitaine de Neuchèze et participe à la bataille des Cadets de Saumur en juin 1940. Il résiste seul à un peloton d'assaut allemand et meurt au champ d'honneur à 29 ans.
Tout au long de sa vie, il ne cessa de composer pour le piano, l'orgue, la musique de chambre, les voix (solistes et choeurs) et l'orchestre. Son catalogue comporte plus de 140 œuvres. Selon Marie-Claire Alain, la sœur du compositeur, celui-ci aurait composé quelques pièces pour orchestre. Malheureusement, il prit les partitions avec lui lorsqu'il partit à la guerre et elles ne furent jamais retrouvées après sa mort au champ d'honneur.
Jean-Christophe Revel
Organiste
Jean-Christophe Revel découvre l ’orgue auprès de Jean-Marie Meignien et plus particulièrement l’orgue ancien. C’est peut-être pour cela qu’il ne cesse depuis lors de mettre en perspective musique et histoire, musiques anciennes et oeuvres de notre temps, et qu’il entreprend depuis 30 ans un travail sur la transmission des répertoires et des pratiques musicales au fil des temps.
Il se perfectionne auprès d’Odile Bailleux. Ses études sont ainsi couronnées par un premier prix d’orgue et de perfectionnement avec une spécialisation en musique ancienne. Sous la direction de Georgie Durosoir, il consacre sa maîtrise à la tablature de B. Schmidt Le Jeune (1607).
Sa rencontre avec Jean Boyer et Jean-Charles Ablitzer est également déterminante dans la poursuite de son parcours musical.
Chambriste convaincu, Jean-Christophe Revel a eu la joie de jouer, entre autres, auprès de James Bowman, Josep Cabré, Isabelle Desrocher, William Dongois, Eugène Green, Raphaele Kennedy, Manuel Weber, Marcel Pérès ainsi qu’avec différents ensembles. Curieux de tous les genres musicaux, il travaille aussi bien dans les domaines de la musique ancienne que dans ceux de la musique d’aujourd’hui auprès de nombreux compositeurs qui écrivent pour lui tels que E. Tanguy, R. Campo, B. Pauset, E. Canat de Chizy, Colin Roche, Grégoire Lorieux, Boris Clouteau et tant d'autres.
Depuis 30 ans, sa collaboration avec le compositeur Jacques Lenot le conduit à explorer régulièrement de nouvelles facettes de l'orgue et à imaginer un monde sonore sans cesse renouvelé.
Il est régulièrement invité dans de nombreux festivals, en France comme à l’étranger, et a été amené à enregistrer pour France Musique et la télévision.
Ses enregistrements sont régulièrement remarqués par la critique européenne dont le Troisième livre d'orgue de Jacques Lenot enregistré à l'Abbaye de Royaumont (L'oiseau prophète éditeur) et le Second livre d'André Raison (Paraty) enregistré à la cathédrale d'Auch. Titulaire du certificat d’aptitude d'orgue et de musique ancienne, il est le responsable pédagogique du département des musiques anciennes et pratiques historiques du CRR de Paris, enseigne la basse continue et les répertoires anciens à l'orgue au PSPBB (Pôle Supérieur Paris-Boulogne-Billancourt). Il dirige également le festival Claviers en Pays d’Auch, où il est titulaire du magnifique instrument Jean de Joyeuse de la cathédrale Sainte-Marie. Il vient de créer à Auch (32) le premier orgue augmenté en France avec le facteur Jean Daldosso et la société Alterinstruments (Teresa Rosenberg et Alexander Mihalic). Projet soutenu par le ministère de la Culture et son programme SNI (Service Numérique Innovant).
Jean-Pierre Rolland
Organiste
Jean-Pierre Rolland a effectué ses études musicales au Conservatoire National de Région de Marseille, puis au Conservatoire National Supérieur de Lyon (orgue, improvisation) et au Conservatoire Royal de Musique de Liège (direction d’orchestre). Diplômé pour ces trois disciplines, il est aussi titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de Professeur d’Orgue.
Après avoir enseigné cet instrument ainsi que l’improvisation individuelle et collective au Conservatoire à Rayonnement Régional de Douai de 2001 à 2014, il est nommé professeur d’orgue au Conservatoire Darius Milhaud d’Aix-en-Provence.
Il a également été organiste titulaire de la Cathédrale du Puy-en-Velay, et fait partie de l’équipe des organistes du temple Saint éloi de Rouen (église Protestante Unie de France).
Concertiste, il se consacre tout particulièrement à la rencontre entre l’orgue et d’autres instruments, dans un répertoire original comportant une part de création. En récital, il affectionne les regards croisés entre compositeurs d’époques différentes, dans des programmes thématiques conçus pour mettre en valeur toute la palette des instruments utilisés. Il s’intéresse à l’ensemble de l’histoire de la musique et ne se reconnaît aucune spécialité.
Il a enregistré pour Coop Breizh, Arion, Hortus et Coriolan. Son disque en soliste, la Saveur des Dissonances, à l’orgue historique de Saint-Jean-de-Losne (Côte d’Or), ainsi que l’album Aubes, consacré aux oeuvres de Robert Pascal, ont retenu l’attention de plusieurs revues musicales (5 diapasons, novembre 2009 et novembre 2023).
Jean-Pierre Rolland compose volontiers pour son entourage, lorsque l’occasion lui est offerte d’être interprété. Il est l’auteur de musique vocale, de chambre et pour orgue. Sa dernière œuvre, Géométrie dans l’espace, a remporté le premier prix du concours de composition Royan-Orgues 2023 et a été créée à ce titre en l’église Notre-Dame de Royan.
Abbaye Saint-Victor
Pl. Saint-Victor13007
Marseille
Jean-Christophe Revel
Jean-Pierre Rolland
organistes
Programme des œuvres
Toccata septima (1690)
Georg Muffat
Liber organi (2025 — 35 min.)
Création française
1) Chant éloigné (Rilke)
2) Winterhimmel (Ruysdael)
3) Gong (Rilke)
4) Le coup de soleil (Ruysdael)
5) Nordwind (Ruysdael)
6) Air
Henry Fourès
Variations sur un thème de Clément Janequin (1937)
Jehan Alain
Le départ pour la lune (1972 — 13 min. 11)
Georges Boeuf