¡ Adios Toledo !, c’est le nom d’une rencontre rêvée par le pianiste et compositeur de jazz Julien Grassen Barbe. Pour ce nouveau projet aux multiples résonances, il puise dans les ressources des traditions musicales de l’Inde et de la liturgie des communautés judéo-portugaises du Sud-Ouest de la France, sa terre d’enfance.
Après Loup vert, un premier album salué par la critique, Julien Grassen Barbe s’entoure de trois instrumentistes, solistes et improvisateurs. Sitariste, joueur d'Esraj (vièle), spécialiste du surbahar (sitar basse aux résonances profondes), Denis Teste est familier des situations musicales hybrides. Disciple de Pandit Kushal Das, représentant de l'école hindoustanie Maihar Gharana rendue célèbre par Ravi Shankar et Ali Akbar Khan, il apporte à l'ensemble la spiritualité des râgas. Ciro Montanari tient aux tablas le rôle de rythmicien. Collaborateur de Jordi Savall, d’Efrén Lopez, il est l’élève de Pandit Shankar Chatterjee, s'est produit aux côtés de Jordi Savall. Percussionniste passionné par le Moyen-Orient, la Méditerranée, il est avant tout un spécialiste de l’Inde. Le guitariste de jazz Misja Fitzgerald Michel navigue entre paysages électrique et acoustique. Musicien aux influences multiples, formé par Jim Hall et John Abercrombie, compagnon de scène de Ravi Coltrane, Chris Potter, Mark Turner, il déplace avec finesse les mélodies qui vont et viennent d’un continent à l’autre.
Les pièces sacrées indiennes, le jazz et les chants synagogaux sont trois univers, trois terrains de jeu fertiles où s’épanouit l’art de l’improvisation. Depuis Bayonne et Bordeaux, en passant par Calcutta, Barcelone, Porto et Jérusalem, le quartet emmené par Julien Grassen Barbe, claviériste, compositeur mais aussi ethnomusicologue, se saisit de ce matériau riche et inspirant pour élaborer une douzaine de pièces originales tissées comme les fils bleu et blanc du châle de prière. Un voyage poétique d’une rare profondeur, hommage à Garcia da Orta, médecin séfarade du XVIème siècle qui, fuyant les bûchers de l’Inquisition, trouva refuge à Goa, une colonie portugaise située sur la côte ouest de l’Inde.
Production
l’Espace Culturel de Chaillol, Scène conventionnée Art en territoire (Hautes-Alpes).
Avec le soutien de
La Coopérative – Réseau pour la création musicale DRAC PACA
Coproduction
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (Paris) ; Petit Duc (Aix-en-Provence) ; Charlie Free (Vitrolles).
Julien Grassen Barbe
Né dans une famille franco-israélienne, Julien Grassen Barbe est musicien de jazz. Formé à la musique savante, diplômé du conservatoire des Hautes-Pyrénées dont il est originaire, auteur-interprète-compositeur, il est aussi ethnomusicologue, spécialiste des musiques juives. Julien Grassen Barbe est l’auteur d’un livre intitulé Ode à la lune illustré par le calligraphe Frank Lalou (Éd. de l’improbable). En 2016, un voyage à New York le marque profondément. C’est l’occasion de jam-sessions dans les clubs de Manhattan, de leçons qu’il a la chance de recevoir de quelques uns de ses musiciens préférés, Aaron Parks, Aaron Goldberg... De retour en Europe, il produit en 2017 avec son ami Ozédo un album de beatmaking orienté hip hop, O.N. Il rencontre Julien Galner, producteur, fondateur du label H.I.D.D. (l’Histoire Inconnue Du Disque) qui lui propose en 2019 d’élaborer un disque de jazz. Au printemps 2020, le pianiste Julien Grassen Barbe retrouve le batteur Fabien Duscombs et le contrebassiste dijonnais Sébastien Bacquias pour enregistrer Loup vert. La plupart des pièces sont écrites par Julien Grassen Barbe. Sorti en 2023, le disque est salué par la critique, en France et à l’étranger (prix Révélation Jazz Magazine). Habitué des clubs de jazz parisiens, on a pu l’entendre au Sunside, au Baiser Salé, ou au 38Riv. En 2025, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme l’invite à partager la scène avec le philosophe et producteur d’émissions de radio à France Culture Marc-Alain Ouaknin. Julien Grassen Barbe travaille actuellement à la composition d’un recueil de poèmes, un abécédaire de l’hébreu illustré, à l’écriture d’un second album de jazz.
Misja Fitzgerald Michel
Né en 1973, Misja Fitzgerald Michel a été élève de la classe de jazz de François Jeanneau au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a ensuite étudié en 1993 à la New School (New York) auprès de Jim Hall, Billy Harper et Kenny Werner. Il commence à jouer à cette époque avec Ravi Coltrane et avec de nombreux autres musiciens de la jeune scène new-yorkaise, comme Gary Thomas, Chris Potter ou Mark Turner. Par la suite, il enregistre de nombreux disques : Live at La Villa, On the Edge, Expectations... Misja Fitzgerald ne se contente pas d’être un brillant tricoteur de doubles croches, il est aujourd’hui l’une des plus fines plumes des guitaristes du jazz actuel dans la lignée de Pat Metheny, Jim Hall… Il a été nominé aux Djangos d’or de la guitare 2006 pour le disque Encounter, ainsi qu’aux Victoires du jazz 2012 pour son album Time of No Reply.
La culture musicale de Misja FitzGerald Michel déborde le champ du jazz et la filiation musicale avec le guitariste Jim Hall, maître aussi discret qu’unanimement respecté. Elle s’étend aussi bien à Bach et sa Chaconne pour violon seul – d’où sans doute son goût pour les thèmes joués en solo -, qu’à Jimi Hendrix. Musicien en liberté, à la guitare électrique ou acoustique, la guitare à douze cordes, mais aussi dans des formats allant du solo au quartette, en passant par le trio, ses choix respirent la maturité et l’énergie, l’écoute et l’entente. Qu’il soit seul ou à plusieurs, c’est toujours la quête et la découverte de soi dont il s’agit avec les improvisations de Misja Fitzgerald Michel.
Ciro Montanari
Né à Ravenne en septembre 1979, il commence l'étude de la musique par des cours particuliers de piano entre dix et treize ans. Ciro Montanari débute par l'étude du piano avant de développer un intérêt croissant pour les diverses traditions musicales, classiques et populaires, avec une affection particulière pour le monde des percussions orientales. À vingt-deux ans, il entreprend l'étude des percussions indiennes (tabla) auprès du célèbre musicien Pandit Sankha Chatterjee, ancien professeur à l'Université Rabindra Bharat de Calcutta, en Inde. Pendant une vingtaine d'années, il vit entre l'Italie et l'Inde (Calcutta), où il se forme à l'approche traditionnelle, et entre l'Allemagne et l'Italie, participant à des séminaires à la Fondation Giorgio Cini à Venise et à l'Association Narada Studio. De 2005 à 2009, il a suivi des cours sur les « Traditions musicales non européennes » au Conservatoire Arrigo Pedrollo de Vicence sous la direction du Maestro Federico Sanesi, approfondissant sa connaissance de la musique classique hindoustanie et acquérant les compétences techniques nécessaires pour poursuivre une carrière de musicien. Il a travaillé comme musicien en Europe, au Maroc, au Moyen-Orient et en Inde. Il a collaboré à divers projets artistiques et s'est produit dans de nombreuses institutions académiques et festivals de musique du monde prestigieux.
Denis Teste
« C’est le sitar qui m’a choisi », confie Denis lorsqu’on l’interroge sur son parcours musical. Son coup de foudre pour cet instrument mystique, sa rencontre décisive avec son maître à Paris, et une série d'événements déterminants ont orienté Denis Teste, depuis plus de vingt ans, vers la musique classique indienne. D’abord, Denis a exploré le son du sitar en l'intégrant à des productions de genres variés : rock, jazz, électro, pop, hip-hop, métal, ambiant. Mais après plus de dix ans de pratique assidue, il s’est tourné vers les récitals de musique classique indienne, approfondissant son art sous la direction de Pt Kushal Das, sitariste éminemment respecté en Inde. Depuis plus de deux décennies, son maître lui enseigne l'art complexe des ragas, combinant rigueur technique et développement de la sensibilité, essentielle pour exprimer les nuances émotionnelles et le "mood" de chaque pièce. L’influence du génie Ravi Shankar se fait également sentir dans son approche musicale. La persévérance de Denis l’a conduit à jouer aux côtés de musiciens indiens de renom. Aujourd'hui, il partage avec un enthousiasme inébranlable les sonorités profondes du surbahar, une variante basse du sitar, continuant ainsi à toucher les cœurs avec une musique qui transcende les frontières.

Julien Grassen Barbe
composition, piano
Misja Fitzgerald Michel
guitare
Denis Teste
surbahar, Esraj
Ciro Montanari
tablas, percussions
2026
26 — 30 janvier 2026 — Résidence – Studio Alys, Manteyer (05)
2 — 4 mars 2026 — Résidence – Charlie Free, Vitrolles (13)
13 + 14 mai 2026 — Répétition — Petit Duc, Aix-en-Provence (13)
15 mai 2026 — Avant-Première — Petit Duc, Aix-en-Provence (13)
30 + 31 juillet 2026 — Concert — Festival de Chaillol (05)
13 octobre 2026 — Répétition — Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Paris (75)
14 octobre 2026 — Concert — Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Paris (75)