GMEM Marseille

8 — 18 déc. 2022

RÉSIDENCE ARTISTIQUE

Claudine Simon, Rudy Decelière, Alain Savouret, Pau Simon

Anatomia

Claudine Simon, Rudy Decelière, Alain Savouret, Pau Simon — GMEM Marseille
© Rudy Decelière

Résidence de création

Anatomia est une performance sonore et visuelle qui réunit deux interprètes au plateau, une pianiste et un plasticien.

Ce projet se veut être un regard nouveau sur le piano. Il interroge sa lutherie en établissant un lien entre son histoire et son possible devenir.

La performance commence comme un récital avec l’interprétation d’une pièce romantique. Puis dans une lente dérive, l’œuvre va subir des altérations. Les capteurs microphoniques placés à l’intérieur de l’instrument vont révéler des aspérités, amplifier, focaliser, grossir les détails du son. Une brèche s’ouvre vers le monde du « sonore » dans une exploration concrète de l’instrument. L’œuvre originelle se défait, la perception s’aiguise, l’écoute change de nature pour aller au plus proche de la source sonore.

L’instrument se désintègre lui aussi, son corps est ouvert, disséqué, ré-agencé puis exposé dans l’espace. Les sons bruiteux de la destruction : choc, grincement, frottement… sont valorisés, musicalisés et se donnent à lire comme une tentative de langage.

Enfin, l’ajout de nouveaux organes greffés sur son corps suspendu viendra exciter l’instrument, le rendre à la vie. Il s’agira alors d’épouser ce nouveau corps, sa panse éviscérée, de se dissoudre dans l’instrument jouant seul. Le public pourra entrer, déambuler dans cet espace scénographique et vibratoire.

« Ainsi se produiraient dans le corps à corps musicien, des inventions de corps improbables et encore sans figure ni destination. Trames ou traces d’organes encore inorganisés – ni morts, ni vivants – qui se membrent, se démembrent, se pressent, se tassent, s’accroissent, se ramifient… » Nietzsche

Claudine Simon

Claudine Simon est pianiste, artiste, improvisatrice, elle développe un travail de création sonore qui s’attache à expérimenter, en l’hybridant, la facture et les capacités de son instrument.

Formée au CNSMD de Paris auprès de Jean-François Heisser, Marie-Josèphe Jude et Pierre-Laurent Aimard, elle se produit comme soliste ou comme chambriste à l’Opéra de Lyon, la Roque d’Anthéron, l’Opéra Comique, la Cité de la Musique, Festival d’Aix-en-Provence… ainsi qu’à l’étranger (tournées en Inde, Chine, Europe…)

Son travail de création se centre sur la conception de performances qui lui permettent d’interroger son rapport à l’instrument. Elle conçoit Pianomachine, un dispositif qui intervient au cœur du piano, transforme son timbre, sa lutherie, met en question son unité d’organisme. L’instrument a été développé par le collectif Sonopopée grâce à une commande du GMEM.

Rudy Decelière

Rudy Decelière étudie à l’école des Beaux-Arts de Genève et explore l’art sonore principalement par le médium de l’installation, proposant autant d’espaces extérieurs qu’intérieurs, en perpétuel regard avec leurs situations, leurs composantes architecturales et leurs paysages sonores natifs.

De sa qualité parallèle de preneur de son pour le cinéma ou créateur sonore pour pièces interdisciplinaires découlent de multiples réflexions autour du sonore, son espace et les rapports ou limites que ces derniers entretiennent avec la musique, donnant ponctuellement lieu à des performances ou pièces multi-pistes diffusées en circonstance.

Laurent Sassi

Né en 1973 à Abidjan, il vit à Rabastens (81). Depuis 1995, il explore la pratique du son et sa restitution liées à l’ensemble des champs contemporains : musique improvisée, instrumentale, mixte, électronique, phonographie et art du sonore dans le théâtre.
Il essaie d’être à l’écoute, sans a priori, sans parti pris, les oreilles constamment ouvertes à tout ce qui peut se passer. Le temps d’entrer soi-même dans le contexte, de se faire oublier, de devenir un des personnages des vies qu’il croise.

La phonographie est une pratique musicale contemporaine héritière de la musique concrète. Par transposition de la photographie et de l’image au son, elle enregistre un environnement qu’elle recompose à partir d’une expérience de l’écoute originale et des choix opérés lors de la prise de son, puis des « cadrages – montages », des transpositions, et des modes de diffusion. On peut y voir l’art de capter l’énergie sonore et d’en graver l’empreinte pour ensuite mettre en jeu et en espace des événements sonores imaginaires.

Alain Savouret

Pianiste, chef d’orchestre et compositeur, Alain Savouret étudie au Conservatoire de Paris, notamment auprès d’Elsa Barraine, Marcel Beaufils et Olivier Messiaen. Après un stage au service de la recherche de l’ORTF, il est chargé de recherche (1968-1972) au GRM (Groupe de recherches musicales) puis collabore avec le GMEB (Groupe de musique expérimentale de Bourges).

Compositeur de musiques électroacoustiques (Tango, 1971), instrumentales (Chant triglotte, 1984) et mixtes (Lettre à Miguel de Saavedra, 1985), ainsi que d’œuvres pédagogiques (Blanche-Noire et les 24 mains, 1996), il s’intéresse à la matière sonore, à la virtuosité au clavier (Selon, 1970), à l’économie du matériau compositionnel ainsi qu’à l’improvisation.

Il développe, à partir de 1987, le concept de « maîtrise d’œuvre », opération musicale menée sur une longue période avec les acteurs de la vie locale et leur patrimoine sonore pour une unique représentation (Roi Artus, département des Landes, 1987 ; Veillée composée, région Auvergne, 1992).

La formation de formateurs ainsi que de nombreuses communications écrites ou orales ponctuent son travail. De 1992 à 2007, il enseigne au Conservatoire de Paris et crée la classe d’improvisation générative, classe expérimentale et interdisciplinaire. Il développe ainsi une pensée et une pratique musicales s’appuyant sur l’« auralité » (du latin auris : oreille), dans une perspective qu’il nomme « phonoculturelle ».

Pau Simon

Pau Simon est artiste chorégraphique et protéiforme. Elle se forme au CNR de Lyon avant d’intégrer le conservatoire supérieur de Paris (CNSMD) dans le cursus de danse contemporaine. Elle élargit au fur et à mesure sa pratique par les arts martiaux, la danse-contact et la musique. Diplômée en 2007 du DE au CND de Pantin, elle suit des workshop auprès d’Odile Duboc, Loïc Touze et Mathieu Bouvier, Fanny De Chaillé, La Ribot, Vincent Dupont, Jennifer Lacey, Elisabeth Lebovici, Noé Soulier, Jeremy Wade, ou Julyen Hamilton.

Elle développe depuis 2012 un travail pluridisciplinaire à travers l’association Suprabénigne, dont Exploit (premier prix et prix du public du concours Danse Elargie au Théâtre de la Ville), Sérendipité, Perlaborer, Pendulum, et Postérieurs, Lo-fi dance, Per que Torcut Dansan Lo Monde en collaboration avec Ernest Bergez (Sourdure). Ses différents travaux ont été créés à la Ménagerie de Verre, au Théâtre des Abbesses, au Théâtre de la Cité Internationale, à Avignon dans le cadre des sujets à vifs, ou au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition Museum ON/OFF. Elle est invitée comme «collectionneuse» de documents sonores pour l’Encyclopédie de la Parole, ou encore comme dans des groupe de recherche critique au FAR festival de Nyon et aux rencontres internationales du Festival Transamériques (Montréal).

Elle a obtenu un Master à l’EHESS en Arts et Langages, où elle relie une recherche artistique et théorique en vue d’une nouvelle création The Great Hold up! travail autour d’un sous-vêtement contraceptif masculin inventé à la fin des années 70, en partenariat avec l’IFM et le CND de Pantin.

AVEC


Claudine Simon

Conception, création, performance

Rudy Decelière

Création plastique, performance

Laurent Sassi

Dispositif sonore, phonographiste

Pau Simon

Regard espace

Guilaine Rigolet

Lumières

Alain Savouret

Oreille extérieure

Thomas Garcin

Facteur piano

Collectif Sonopopée

Lutherie électronique

Pierre-Henri Lepresle

Régie plateau et générale

Production

Auris Production ⌊ les productions de l’oreille ⌉
Projet lauréat

Mondes Nouveaux, appel à manifestation d'intérêt à l'attention des artistes et créateurs, financé par la DGCA - Ministère de la Culture
Soutien et accueil en résidence

Festival Musica Strasbourg, GMEM, Why not Dijon, l’Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry Savoie, la Scène Nationale d’Orléans, l’Opéra Underground (Lyon), Pianos Baruth