GMEM Marseille

8 — 12 juin 6 — 10 Juil.
2020

RÉSIDENCE ARTISTIQUE

Julie Rousse

Une Voix parcourt le Rhône

Julie Rousse — GMEM Marseille
© Florent Kolandjian

Au centre du projet Une voix Parcourt le Rhône, débuté en 2019, il y a la question de l’eau, devenue essentielle, et qui nous rappelle que les ressources naturelles sont limitées et précieuses. Julie Rousse entreprend en 2020 le parcours du fleuve entre le Glacier de la Furka où il prend sa source, et son embouchure dans le Delta de Camargue – afin de poursuivre les enregistrements sonores mixant techniques traditionnelles et expérimentales, selon un fin maillage géographique. A l’instar de ces fleuves récemment dotés du titre « d’entité vivante », elle tente de faire émerger et donner corps à la voix du fleuve dans une installation audiovisuelle impulsée par des données en temps réel.

La résidence aura pour objet le dérushage et la classification des sons enregistrés en 2019 et 2020. L’élaboration de cette « librairie sonore » permettra l’intégration des sons à l’installation audiovisuelle finale en prenant en compte des données telles que le moment de la journée, la saison, voire même d’éléments liés aux conditions climatiques.

« Tout bruit écouté longtemps devient une voix »
— Victor Hugo, Fragments

« Au petit matin, sur le Rhône, tout est rose. Cette couleur qui domine le lever et le coucher du Soleil envahit tout le ciel. Il annonce le Mistral qui viendra souffler encore et encore puissamment jusqu’à nous éroder comme les pierres.
J’ai enregistré les effets de ce vent du Nord sur la halte fluviale, tout y craque, les bateaux bougent comme en pleine mer, des vagues énormes lèchent les poteaux d’amarrage.

Les roseaux qui bougent aux gré du vent, sont partout dans cette région à la spécialité de vannerie. Pendant que j’explore ce coin isolé de la Provence à la recherche de sons, sur le bord de la route, aux abords du fleuve, je vois des gitans qui épluchent les grandes tiges d’osier et essaiment aux gré du vent les panaches blancs.
Je passe mon chemin en me promettant de revenir les voir, de m’assoir avec eux pour qu’ils me racontent comment ils vivent de cette activité en totale désuétude, pour écouter le son de leurs mains qui travaillent.

Je suis pour le moment à la recherche de sons bruts, moins documentaires, issus de procédés expérimentaux, comme enregistrer des sons sous l’eau à l’aide de mes hydrophones, mélanger les techniques pour capturer un moment, un lieu, un élément. Toutes ces choses intangibles et abstraites qui ressemblent à la sculpture. Comme si le son était une terre argileuse à modeler.
Nous sommes à proximité du barrage de Vallabrègues, dernière écluse avant la Mer. Là c’est la force brute, la « Force Liquide » de l’eau. J’effectue des enregistrements de la sphère électromagnétique à cet endroit où la puissance qui se dégage des flots qui jaillissent du barrage est stockée dans les énormes accumulateurs d’où sortent de puissants câbles qui alimentent tout le pays. » — Julie Rousse

Julie Rousse est née en 1979, et vit et travaille à Paris. Artiste sonore, improvisatrice et compositrice électroacoustique, Julie Rousse est une phonographe passionnée, toujours à la recherche de nouveaux fieldrecordings, explorant différentes formes de capture du son avec différentes machines, dans des contextes choisis et particuliers, urbains, naturels ou industriels. Dans une pratique de l’improvisation libre, elle utilise cette collection sonore à l’aide d’une plateforme numérique de traitement du son en temps réel, fouillant la matière brute – intrusion dans le détail sonore – à la recherche de textures et de rythmes afin de créer des univers poétiques. Plus récemment, elle axe son travail sur la dimension physique et corporelle du musicien électronique, recherchant l’extension de son terrain de jeu dans la performance. Son travail de composition électroacoustique, inspiré par ses études en Scénographie, est à la recherche d’une relation entre l’Auditeur, l’Espace et le Rêve. Créant des univers fourmillants et immersifs, Julie Rousse délivre des pièces tout à fait personnelles issues d’un travail in-situ, à partir de sons enregistrés pour un projet déterminé, traduisant par le sonore ses impressions sensibles – afin d’être déployé dans un lieu spécifique et/ou à un moment précis. Depuis 2001, elle joue dans de nombreux lieux, festivals et évènements, lors de performances sonores, en solo ou en collaboration avec des artistes de la scène expérimentale internationale. Son travail a été présenté entre autres, lors de Suoni per il Popolo (Montréal, Canada ; 2002, 2004), Nuit Blanche (Paris ; 2005, 2011, 2015), Send and Receive (Winnipeg, canada ; 2011), Le Fest (Tunis, Tunisie ; 2011), Flussi (Naples, 2013), Tsonami (Valparaiso, Chili ; 2013, 2015), Centre Pompidou (Paris ; 2017), Musée de l’Homme (Paris, 2017). Ses pièces ont été publiées sur les labels Sub Rosa, TsukuBoshi, Zeromoon, NoType et diffusées sur Arte radio, France Culture et Radio Libertaire.Lauréate de la bourse Hors les Murs de l’Institut Français en 2015, elle effectue une résidence de recherche dans un communauté autochtone au sud du Chili.

AVEC


Julie Rousse

artiste sonore

Téléchargement

> Dossier artistique