GMEM Marseille

21 — 30 juin 2021

RÉSIDENCE ARTISTIQUE

vierge noir e

A Kiss Without Lips / B.O.

vierge noir e — GMEM Marseille
© Anna Gaïotti

Résidence de création

À partir de ses recherches menées dans la basse vallée de l’Omo en Éthiopie, Anna Gaïotti entreprend l’écriture de la création musicale A Kiss Without Lips en collaboration avec Léo Dupleix et Sigolène Valax, membres du groupe vierge noir e.

L’approche des danses et des musiques se joue pour cette création au cœur d’un travail d’écriture poétique et dans le prolongement d’une quête éthonomusicale auprès des tribus Hamar et Nyangatom. A Kiss Without Lips (AKWL) cherche à étendre la compréhension d’un dialecte gestuel, sonore et spirituel. AKWL tente d’apprécier son caractère ordinaire comme extraordinaire, telle une mémoire empruntée à la vie domestique, à son ennemi et aux monstres, à ses incarnations répétées et ritualisées par le corps vulnérable. AKWL engage une réflexion sur la fracture d’une écologie locale dévastée par une culture patriarcale, une économie mondialiste univoque et une crise climatique irréversible. Ce baiser est l’espace-temps d’un voyage aux confins des frontières Kenyane et Sud-Soudanaise où, aujourd’hui, les terres et les êtres sont divisés, où les eaux et les peaux sont divisées, où le corps se divise en son cœur.

Pour cette nouvelle création, le trio vierge noir e manipulent archives matérielles et archives immatérielles (mémoire du corps dans les danses et les musiques et dans le travail du métal), pour composer la bande sonore d’A Kiss Without Lips. À travers l’expérience de sa musique hybride, acoustique et amplifié, vierge noir e étend la mémoire sonore d’un environnement et la transmission d’un monde. Il.elles composent avec leurs voix, leurs corps vibrants et percussifs et par le biais d’instruments électroniques et numériques (programmation, synthétiseurs analogiques et low-fi) pour animer les présences de la brousse et de ses peuples, du fleuve Omo et du cri du métal.

Sig Valax

Sigolène Valax joue du Perséphone, un synthétiseur analogique contrôlé par un ruban, amplifié sur un ampli guitare. Ce sont des masses granuleuses, des vibrations spectrales insolentes, des chuintements, des battements sourds, des ondes en lévitation, et tant de textures à la fois terrestres et très cosmiques, qu’elle dévoile par son toucher.

Léo Dupleix

Léo Dupleix, quand il ne joue des grains ou lignes saturés via maxmsp, manipule un théâtre de choses dotés de mécanismes vibratoires et tactiles, capteurs sur objets modestes : gobelets en plastiques, boîtes de conserve, ressorts, billes, tambourin… qu’il amplifie, ou pas, via haut-parleurs vibratoires nomade. Il joue et rompt avec agilité l’itération du geste ou la persistance d’un son quelconque, par le biais de contraintes temporelles, de partitions, ou déviant et amenant hors frontalité les présences : sa présence physique, celle de son jeu, celle de l’objet. Le low-tech et l’acoustique se nattent avec conscience, avec la pertinence de l’ordinaire.

Anna Gaïotti

Anna Gaïotti entre dans le son avec le corps et sonne par sa danse : la mobilité, la voix, le cri, le texte et l’anti-texte, et avec les objets qu’elle actionne par le geste et son jeu clownesque : grelots, claves, soundbox, sifflets… Elle jongle entre la charge acoustique et la puissance amplifiée, entre l’audible et l’inaudible, la mobilité et l’immobilité. Elle entre.
www.annagaiotti.com

vierge noir e

= Sig Valax, Anna Gaïotti, Léo Dupleix
vierge noir e est une chimère musicale, un corps à 3 têtes bruitistes, qui nouent, dénouent et renouent les bobines de l’improvisation sonore. La musique s’argumente et s’abîme tant dans l’espace que dans le temps, le rien ou le surplus sont des choix performatifs ; et sur le terrain de jeu, les 3 musiciens ne s’unissent en proie à la frontalité d’un concert, mais usent les espaces qu’on leur donne.
C’est dans l’interaction de leurs 3 présences et de leurs corporéités singulières et propres que le son découle et écoute et se casse. Aussi vierge noir e travaille la relation ou la friction entre la discipline du mouvement musical et la mise en scène du geste sonore spatio-temporel.
Au delà d’une mise en jeu des contingences et de leur acuité d’écoute, vierge noir e visite leur travail d’improvisation par les systèmes contraignant, imaginant des protocoles de durée et de répétition, jouant des partitions de Taku Sugimoto, Manfred Werder et Karlheinz Stockhausen utilisant la censure physique ou la censure sonore, ou en se parlant, se dictant ou jouant sur les temporalités. Autant de tâches ou presqu’écritures qui sont des outils digérés pour mieux exploser les abandons et les regrets en live.
Dans leur réflexion sur l’improvisation et la musique improvisée, le silence apparaît comme une nécessité : il peut être considéré tel un objet musical, un sujet, une tendance, une âme partagée, un geste musical : une résistance, une insistance, un rendez-vous, un arrêt ou une note…
Depuis leur formation en 2016, vierge noir e a exploré divers rapports et formats scéniques, en utilisant les espaces qui sont à leur portée (intérieurs et extérieurs) et les temporalités (concerts allant de 5 minutes à 4 heures non-stop). Sous la directive chorégraphique d’Anna Gaïotti, ils créent les pièces BAL DES LAZE (2019), LES ANTÉCÉDENTES (2020) et A Kiss Without Lips (2021).
www.vierge-noir-e.org

AVEC


Sig Valax

persephone, analogue synthesizer

Léo Dupleix

maxmsp

Anna Gaïotti

harshvoice, tapdance, bells, text

Coproduction

GMEM
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